mercredi 21 mars 2012

Quelques nouvelles, et du militaire...

Chers amis,

J'ai eu des protestations parce que je ne donnais plus de nouvelles sur le blog et certains se demandaient si j'étais encore en vie. La réponse est oui, comme vous vous le figurez en lisant ce message. Mon absence de papotage avec vous vient de plusieurs faits.

D'abord, je suis sur un gros projet qui doit bientôt se terminer, j'ai réalisé toute la maquette d'un livre de 300 pages sur le design durable du bambou (je suis devenue incollable sur le bambou, du coup). C'est la première fois que je m'attaque à un livre entier, et, même si je suis passée à deux doigts de manger des gens après les avoir broyé au piment dans un mixer rouillé, vu la façon dont c'est organisé, je suis contente d'avoir pu réaliser ça (je serai encore plus contente quand ça partira demain à l'imprimerie et que j'arrêterai de bosser dessus 14h par jour avec une ou deux nuits blanches en supplément).

Sinon j'ai passé les deux dernières semaines bien malade, ce qui n'a pas aidé non plus à la mise à jour. La température nous a fait des choses très bizarres il y a 15 jours, en l'espace de 48h on passait de 12° à 28°, puis ça redescendait brusquement, puis ça remontait sans prévenir... Donc le yoyo météo combiné à l'humidité et la pollution galopante, tout le monde est malade, y compris les Vietnamiens d'ailleurs. J'ai passé 3 jours au fond de mon lit avec une fièvre de cheval en crachant mes poumons, c'était super! Après quoi à peine remise de mes émotions j'ai dû manger un truc pas net dans un restaurant, et paf, rebelotte, encore malade!
Du coup j'ai encore perdu 2kg avec toutes ces bêtises, je vous jure, bientôt je vais passer sous les portes. J'essaie de me forcer à manger, mais même quand c'est bon, je cale au bout d'une demi-assiette. Je ne sais pas si c'est le climat, le fait que l'air soit très lourd maintenant qu'il fait un peu chaud (et ça va pas s'arranger), mais il est vrai que j'ai assez peu d'appétit... Enfin voilà, vous allez me retrouver très mince quand je vais rentrer, ce qui ne m'empêche pas d'être toujours un dindon obèse par rapport aux Vietnamiennes. Van, la collègue de Manon, fait 42kg... Tu m'étonnes qu'avec 15 à 20 kg de plus en moyenne on ne rentre pas dans leur vêtements de nain!

Je profite de ce que j'ai un peu de temps et que je suis lancée pour vous parler du musée de l'armée, que j'ai dû faire il y a bien un mois et demi, mais que je n'ai pas eu le temps de vous raconter.  Comment dire... C'est cocasse!

Déjà, dès l'arrivée, le bâtiment est flanqué d'un avion de chasse et d'un char d'assaut, avec panneau racontant que quand même, haha, qu'est-ce qu'on vous a mis.... Dans le hall, dès qu'on entre, on tombe devant une énorme fresque à la gloire d'Ho Chi Minh et de l'armée vietnamienne. Bref, l'ambiance est posée.

Ca doit bien faire 8 à 10 mètres de large, mine de rien. C'est un tantinet... imposant. 

Imaginez un peu que par exemple, chez nous, on fasse un musée de l'armée. Et dedans on mettrait par exemple la seconde guerre mondiale, soit le conflit le plus récent, en expliquant qu'on a mis une branlée aux Allemands, mais bien, hein, on vous quand même sacrément écrasé la gueule, et on en est TRES contents, parce que quand même on est un peu vachement plus héroïque que vous, bande de fiottes, et encore je reste poli quand à ce que je pense de votre mère, votre grand-mère, et toute vos ascendantes côté maternel. Et même qu'on s'essuie les pieds sur votre figure, avec beaucoup de contentement.

Bon ben voilà, le musée de l'armée d'Ha Noi, c'est un peu ça. Ils nous expliquent en long, en large et en travers qu'ils ont mis dehors les Chinois, puis les Français, puis les Américains, et que c'est bien fait pour nos sales tronches de cake d'emmerdeurs patentés.
En soit, on ne peut pas vraiment leur en vouloir, ils étaient quand même chez eux, mais il y a un côté totalement politiquement incorrect dans la façon dont c'est exprimé. En fait je ne sais pas si c'est vraiment volontaire: les panonceaux sont écrits en vietnamien, traduits en anglais avec une chaussette, et le mec qui a terminé la traduction en français devait être bourré comme un coing, je ne vois pas d'autre explication...

Ca donne des sous-titres du style "Epée ramassée sur le cadavre d'un laquais des français par untel, héros de la Nation". Oui parce que tous les objets, depuis la gamelle à tambouille jusqu'à l'hélicoptère de combat, ont été pris à l'ennemi par le colonel machin, Héros du Parti douze fois décoré pour sa bravoure, ou encore par une Unité Héroïque de Valeureux Soldats de la Patrie, etc etc.






Au final, ça donne un assemblage de trucs complètement hétéroclites, parfois un peu redondants, classés plus ou moins par ordre chronologique. L'aspect amusant dont je parlais finit quand même par s'effacer devant les témoignages de guerre. Même si la façon dont c'est présenté est tellement partisane que ça en deviendrait drôle, ça fait un drôle d'effet de voir aligné dans les vitrines, tout le long d'une grande salle, tous les objets qui ont été ramassé sur le champs de bataille de Dien Bien Phû, par exemple. Des objets bien de chez nous, comme un réveil matin Peugeot, ou encore des barrettes de décoration d'officier français capturés.

Il y a pas mal de photos d'époque au mur, ça donne un côté vivant aux explications assez succinctes, et ça finirait même par être un peu émouvant. (Sur les 12000 prisonniers fait par le Vietminh à Dien Bien Phû, 70% ne sont pas revenus des "camps de rééducation". C'est le genre de statistique qui a tendance a vous refroidir un tantinet dans vos élans de cocasserie.)



Ca ne vous évoque peut-être rien, mais comme j'ai toujours vu ce genre de choses sur les uniformes de la moitié de ma famille, ça a tendance à m'interpeller quelque peu.


C'est avec ça que les Vietnamiens ont ramené je ne sais plus combien de tonnes de matériel dans la jungle, 250kg de chargement en moyenne par vélo pour transporter en morceau les canons lourds qui ont pilonné Dien Bien Phû.
Retour à l'hilarité quand on sort du musée pour la partie extérieure, où ils ont entassé une tripotée d'engins de combat pris à l'ennemi, char d'assaut, mitrailleuse, rampe de lancement de missiles, avions, transport de troupe, hélicoptère, etc etc, dispatchés en vrac dans les cours. Un peu comme si à la fin de la guerre, ils s'étaient dit : "Bon, et maintenant, on en fait quoi de tout ça? Ben on va le mettre là dehors en attendant hein..."
Le pompon, c'est une espèce de... comment expliquer ça... Au début, de loin, j'ai cru que c'était une carcasse de B52 la tête en bas. Que nenni, ma bonne dame. C'est un amas, un tas, un monticule de réacteurs cramés, des morceaux de tôle, d'ailes d'avion déchiquetées, de bouts d'appareil devenus impossible à identifier, de portes de jeep, bref un tas de merdier innommable qui forme une pyramide à la gloire de tout ce qui a été abattu. Il faut le voir pour le croire.

Nan mais quand même, je vous jure, on a pas idée...

Joachim, pilote d'hélicoptère en devenir. Oui parce qu'on peut monter dans certains véhicules, lesquels sont pleins d'impact de balles ou de trace de brûlé. Joachim risque d'avoir du mal à décoller du coup... 
Donc voilà, une visite assez intéressante, mais il faut connaître un peu l'histoire du pays car tout n'est pas bien expliqué. Ca n'est pas le musée du siècle, mais je pense qu'il faut prendre la peine d'y aller si on veut un peu comprendre ce qui s'est passé sur le dernier siècle dans ce pays.

dimanche 4 mars 2012

Des rizières, du bambou et des zoiseaux


Bon j'ai eu des plaintes et des récriminations parce que je n'avais pas donné de nouvelles depuis un moment. Rassurez-vous donc, je suis en vie, c'est juste que j'ai un peu moins de choses à vous raconter parce que les deux derniers week-ends, je suis restée à peu près au calme à Hanoï. C'est bien joli de courir partout mais là j'avais juste besoin d'un peu de repos.
Du coup on en a profité surtout pour ne rien faire, se ballader un petit peu, faire du shopping. Remarque il aurait peut-être mieux valu éviter, parce que le week-end dernier ça a été le massacre niveau vêtement. Bon il fallait bien que je me rhabille un peu vu que tous mes pantalons sont trop grands (la vieille excuse). J'ai ENFIN trouvé un jean dans lequel caler mon hippopotamesque derrière, me voici donc dotée d'un pseudo "Dolce&Gabbana" payé moins de dix euros, et encore j'ai pas pris le pseudo Clavin Klein... je peux vous dire que les lois anti-contrefaçons ne les étouffent pas ici! Le pire c'est qu'ils n'en sont parfois même pas conscients, une collègue a soutenu mordicus que si, si, son blouson Chanel c'est un vrai, elle l'a payé cher (au moins 50 dollars) et que c'est pas un faux! Si Coco Chanel voyait cette petite veste panthère à paillettes, elle se retournerait dans sa tombe...

Sinon plus intéressant que mes aventures dans les magasins : mardi la design team devait se rendre au village de Cat Bang pour rencontrer les artisans du bambou avec lesquels SPIN travaille, et du coup j'ai demandé à venir pour une fois, même si je ne suis pas designer mobilier, juste pour prendre les photos et sortir le nez du bureau.

On est parti tôt le matin, 2h de route pour arriver dans la province de Nimh Bihn, qui correspond à peu près à la baie d'Ha Long terrestre. De façon étonnante, on a croisé pas mal d'églises, qui sont bâties sur le plan d'une église romaine classique, mais avec toutes sortes de décorations, de toits à pans coupés et de fioritures sculptées comme sur les pagodes, le mélange est assez cocasse. J'espère revenir bientôt pour y flâner un peu.

Sur les bords de la route, beaucoup d'activité : on est à la période du replantage des pieds de riz. Toutes les rizières sont donc ratissées, on sort les pieds de riz qui ont passé l'hiver sous bâche et qui sont maintenant bien verts, et on replante ça bien espacé. On transporte les pieds de riz des fois sur des vélos trafiqués pour servir de brouette, c'est assez ingénieux. Il y a des villages entiers qui pataugent donc dans la boue pour faire tout ça, à la main bien évidemment, c'est un travail de titan. En plus il ne fait pas encore bien chaud, passer la journée les pieds dans l'eau par 12°, ça ne doit pas être facile...

C'est tout vert dehors, ça nous met un peu de gaieté dans le côté brumeux permanent (ha oui la météo ça s'arrange toujours pas, disons-le franchement...)

Un vélo-brouette pas très chargé, on peut transporter jusqu'à 6 ou 7 paniers de pousses de riz.

Arrivé à Cat Bang, on est donc allé dans la fabrique. Ils découpent le bambou en latte très fine, après quoi on l'enroule pour faires des espèces de galettes plates, qu'on met sur des tours où on leur donne la forme voulue. Après quoi on ponce pour lisser les aspérités, et on laque pour avoir un beau fini brillant. Astrid a fait toutes sortes d'expériences, pour essayer de teindre le bambou, et pour faire des motifs en relief avec de la poudre de bambou et de la colle. La teinture ça marchait bien, très belle couleur, mais le mélange colle/poudre a juste dégouliné assez lamentablement, c'est trop liquide...

La fabrique avec les filles qui font le fini des objets...

... lesquels sont tous faits à la main de A à Z, avec une dextérité impressionnante.


Astrid, reine du bambou! (J'adore cette photo xD )

Voilà ce que ça donne quand c'est poncé et bien lissé. Ils laquent après, moi j'aurai presque voulu qu'on laisse ça tel que sans y remettre de couleur et de glaçage.


L'autre technique, dans une fabrique voisine, consiste à compresser les lattes de bambou avec une colle naturelle, puis à découper la forme qu'on veut dans les planches obtenues. On a bien rigolé avec Astrid, deux petites mamies sont venues nous donner leur avis, elles aimaient pas trop le prototype d'Astrid parce que c'était pas bien lissé volontairement, et puis bon elles aiment mieux quand c'est bien lisse, c'est plus beau quoi, là ça fait un peu cracra... Comme d'habitude, partout où on va, tout le monde nous fait des grands coucous et vient voir ce qu'on fait, ça glousse, ça caquète, ça rigole, bref il y a toujours de l'ambiance!

"Ben là mon poussin, c'est du travail de cochon ton bidule, hein, va falloir voir à faire ça plus proprement..."

Accessoirement, à Cat Bang il y a beaucoup de travail du bois et on y trouve toutes sortes d'objets ritules pour les pagodes ou les autels des ancêtres. Il faut savoir que toutes les maisons, les magasins, les hôtels, les restaurants, les fabriques ont un autel des ancêtres, où on met des offrandes tous les jours, afin de s'attirer la protection des dits ancêtres et d'écarter les mauvais génies. Plus la famille est riche, plus l'autel sera grand et garnis d'objets rituels et d'offrandes.

Par curiosité, j'ai demandé à une de mes collègues combien coûtaient les oiseaux en bois qu'on y trouve souvent, et elle m'a répondu "Je sais pas, on a qu'à aller demander, comment ça tu veux pas déranger parce qu'on travaille, mais ce sera vachement moins cher si on l'achète ici qu'à Hanoï, allez hop viens on va te les acheter tes oiseaux!". Du coup, paf, me voilà l'heureuse propriétaire d'un couple de phénix en bois peints et laqués, je suis amoureuse, ils sont trop beaux, et encore, j'ai été raisonnable, j'ai pris des petits, les plus grands qu'on trouve dans les pagodes peuvent faire deux mètres de haut mais ça rentrait pas dans la voiture... (vous n'imaginez pas la quantité de bazar que j'ai déjà accumulé, il va me falloir un container pour tout ramener à Paris, ça va être le massacre pour ranger tout ça en rentrant...)

TADAAAAAA! 

mardi 14 février 2012

La girafe-hippopotame au pays des nains de jardin

Bon, disons-le, ce billet ne sera pas d'un intérêt culturel palpitant. Je voulais juste pousser un cri du coeur sur le fait qu'il n'y a pas moyen de s'habiller, du moins pour moi, dans ce satané pays.

Le problème, c'est que les Vietnamiennes font toujours une tête de moins que moi, au moins, et elles doivent peser la moitié de mon poids. Je suis sûre que certaines ne doivent pas faire plus d'un mètre quarante et trente kilos.

Du coup, même si j'ai maigri, je suis beaucoup trop grande ("Hooo la jolie tunique courte! Ha non c'est une robe qui doit arriver au genou normalement...") et beaucoup trop grosse ("Hahahaha ils n'ont pas plus grand que du 34 ou 36, où avais-je la tête...").

Du coup, il y a des boutiques très mignonnes, j'aurais assez besoin de racheter quelques vêtements, et je ne rentre dans rien. Je vais finir par m'acheter des espèces de pyjamas informes comme en portent certains et même certaines, avec des chaussettes dans mes tongs, des doudounes roses fluos et des bonnets à oreille. Ou alors je serai obligée d'aller au gros mall Vincom, qui contient un Mango et un Naf Naf, où on fouillant bien on peut trouver un vrai 38 européen.

Mes collègues ont ricané que j'étais trop grande et trop ronde.

Moi, au moins, je suis plus haute qu'un tabouret de piano.

vendredi 10 février 2012

Pagodes en famille du côté de Long Son

Je suis un peu retard sur mes récits touristiques, je vais essayer de me rattraper ce week-end où je compte rester plus au calme à Hanoï. J'en profiterai pour vous raconter aussi le musée de l'armée, qui vaut le détour, mai concentrons-nuos sur Long Son.

Dimanche dernier, juste après la journée à Co Loa donc, une de mes petites collègues m'avait proposé de partir avec toute sa famille en minibus pour aller faire le tour des pagodes du côté de Long Son, au nord-est du Vietnam, près de la frontière chinoise. Astrid et moi avons accepté avec enthousiasme, c'est beaucoup plus sympa d'aller faire ce genre de visite avec des Vietnamiens qui peuvent te raconter et t'expliquer le lieu visité!

Départ fixé à 5h du matin. Ce fut un peu rude de se lever, surtout que je m'étais dit "bon ben je me couche avec les poules, hein, grosse journée demain!", mais comme je ne m'endors jamais avant minuit voire une ou deux heures... Voilà donc que je sors avec mon scooter sous une pluie battante à 4h40, dans les rues pas si désertes; il y a déjà du monde dehors et ça s'active dans les biahoi pour aller chercher la nourriture et commencer à cuisiner (ces gens sont fous). Je retrouve Hông, plus ses parents, ses oncles et tantes, ses cousins, un collègue du cousin, une copine, etc, ainsi qu'Astrid, et en avant mauvaise troupe!
Long Son est quand même pas tout près, il faut bien 3h30 de route pour y aller. On s'est arrêté au bout de 2h pour prendre le petit déjeuner, soit une soupe de nouilles au poulet (oui à 7h c'est un peu dur mais on s'y fait), dans un restaurant sympa au bord de la route : il y avait plein de cages à oiseaux accrochées à l'intérieur et on les entendait siffler et chanter pendant tout le repas. Après une grosse heure et demi de route à nouveau, on arrive au premier temple.

Celui-ci est bâti sur le flanc d'une colline verdoyante, et présente la particularité d'être très coloré! Habituellement l'architecture est toujours un peu la même, avec des bâtiments en bois sombre patiné par le temps. Là, trop de couleur n'était pas assez de couleurs!


Il y avait énormément de monde, dès l'arrivée on est submergé par les "marchands du temple" qui sont installés dans la cour et vendent tout le nécessaire à offrandes: faux billets, papiers à brûler, fleurs dorées, voire plateau avec tout fourni: fleurs, fruits, cigarettes, gâteau, bougies, etc.



Le sanctuaire est dédié au culte des Mères, une croyance extrêmement populaire qui est pratiquée depuis très longtemps au Vietnam. C’est une vénération traditionnelle à la Féminité de la Mère créatrice du Monde, interdite un moment par le régime communiste qui le trouvait trop sectaire, puis de nouveau autorisé depuis 1994 qui a vu une plus grande ouverture religieuse se mettre en place.  (Pour ceux qui veulent en savoir plus, allez voir cette page).


On était le 14ème jour après le Têt, soit un jour particulier où l'on considère que toutes les prières faites aux Mères ont plus de chance de se réaliser, leur incarnation céleste descendant écouter les fidèles. D'où une foule incroyable, des familles entières qui venaient avec toutes les différentes générations, ça allait et ça venait dans les escaliers en ribambelle pour cavaler d'un autel à un autre. (Je dois d'ailleurs dire ici qu'il y un truc qui m'agace particulièrement: dans une foule, quand ils veulent passer, les Vietnamiens n'hésitent pas à se bousculer, voire à t'attraper gentiment et à te pousser sur le côté, parce que bon là ils veulent passer quoi. Ici c'est normal mais j'ai un peu du mal.)
On a fait tout le tour avec Hông, son fiancé et une amie, qui déposaient scrupuleusement un petit billet à chaque autel après avoir dit une courte prière. Et attention hein, il faut que les billets soient neufs et impeccables, pas question de déposer des billets froissés!













Ensuite, en route pour le deuxième temple de la journée. Ha oui, en chemin, on a croisé le chien en céramique ci-dessous. On en voit souvent à l'entrée des maisons, on nous a expliqué que ce sont des gardiens qui protègent le foyer des mauvais génies. Généralement ils sont en pseudo-porcelaine, des genres de bergers allemands, toujours le même modèle en toute taille. Celui-ci sortait de l'ordinaire et  était particulièrement affreux, il me plaisait bien. J'ai demandé une fois à mes colocataires si je pouvais acheter un berger allemand géant en céramique pour la maison mais va savoir pourquoi ils ont refusé...



A nouveau un peu de route et nous sommes arrivés au temple qui est dans les grottes des Tam Tahn , de loin le plus impressionnant de la journée. En fait, la région est couverte par ces fameux "pitons karstiques" (qu'on n'a pas vu à Mai Chau à cause de la brume), qui forment des espèces de pain de sucre géant parfois couverts de végétations. Le temple est bâti dans une de ces montagnes, dans des cavernes énormes où les autels sont installés.

A l'entrée on trouve souvent deux figures de guerrier opposé, un seigneur et un démon, pour rappeler la présence du bien et du mal. Ici, c'est le "bon" guerrier.

On ne le voit pas sur la photo, mais les auréoles des trois bouddhas du haut sont électroniques, brillent et tout avec les LED qui font des motifs qui bougent comme un kaléidoscope... 
On traverse ces grottes impressionantes sur des petits ponts, dans des escaliers taillés à même la roche, laquelle est d'ailleurs éclairée par des néons très violemment colorés (ils adorent les néons colorés).  Les parois et les plafonds sont couverts par intermittence de stalactites, il y a des bassins d'eau où se reflètent les lumières ; dans la plus grande caverne nichent des oiseaux, tout en haut, qu'on entend pépier et crier, ça résonne dans toute la grotte, c'est assez étrange.













Bref, l'endroit était vraiment impressionnant, et rien que pour ça, ça valait le coup de faire tout le trajet en bus. 

Les deux temples suivants étaient plus "classiques" par leur architecture et leur contenu. Puis, comment le dire sans passer pour une affreuse ingrate, à la 18ème pagode visitée, c'est un peu comme visiter toutes les églises de Rome, au bout d'un moment c'est un peu redondant... Cependant chance, ils préparaient les palanquins, drapeaux, et autres ornements pour une cérémonie qui devait avoir lieu le lendemain, d'où belles couleurs et motifs dehors.





Ce qui fut intéressant surtout, c'est qu'il y avait une cérémonie de prière en cours dans un de ces deux temples, où les moines scandaient des prières, avec un tambourin, divers instruments, et surtout, pensée spéciale à mon papa, le bol qui chante, comme celui qu'on a à la maison! 

"DOOOONGoooooooOOOOOoooOOOOOOOooooooOOOOOOOooooOOOOOO" (et c'est à ce moment là que généralement Maman demande si on pourrait pas arrêter de jouer avec ce truc).
Pour ceux qui ne connaissent pas, on frappe le bol avec le pilon en bois, ce qui déclenche un bruit de gong, puis on fait tourner le pilon tout autour du bol en le frottant, et tant qu'on tourne, ça continue de vibrer. Il faut avouer qu'au bout de plusieurs minutes, ça devient vite odieux... 




Dans le nord, les fleurs de pêches sont plus grosses et plus foncées que celles que nous avons à Hanoï pour le Têt. 

Après toutes ces visites, on s'est enfilé un déjeuner pantagruélique. J'ai noté qu'à nouveau, comme chez M.Cahn, les femmes étaient assises d'un côté et les hommes de l'autres, bref ça ne se mélange pas trop. Et sinon je ne sais pas où ces petites vietnamiennes mettent toute cette nourriture, moi après les "entrées", soit du canard, du porc grillé et des légumes, je n'avais déjà plus faim...

On a fini l'après-midi déjà bien entamé au marché, l'endroit étant réputé pour être très peu cher vu qu'on est à côté de la frontière chinoise où on trouve toutes sortes des marchandises à bas prix. J'ai fini par acheter une bouilloire, que j'ai payé bien trop cher d'après les autres, mais la nôtre avait lâché et j'avais vraiment pas envie de me battre pour 2 euros, j'étais trop fatiguée pour ça. Oui parce que bon, quand même, on était debout depuis 4h du matin et j'avais dormi 3h.
On s'est posé avec Astrid pour boire du thé, on a eu un semblant de discussion avec les deux marchandes vietnamiennes, sur le pays d'où on vient, notre âge, et qu'on était très jolies (notre vocabulaire ne va pas plus loin pour le moment mais moi je trouve que c'est déjà pas mal, vu ce que je vous ai raconté dans l'article précédent)

Le retour a été un peu long, surtout arrivé à la fin vers Hanoï où ça bouchonnait, on a déposé tout le monde chez soi, j'ai repris mon scooter pour rentrer, et je suis arrivée vers 21h30 - 22h, ce qui fait quand même une sacrée grosse journée. Pas trop moyen de dormir dans le bus, hélas, vu l'état de la route un tantinet farceuse... Donc fatiguant, mais franchement ça valait le coup de se sortir du lit très tôt et d'aller voir un peu autre chose que la capitale, tout de même.

jeudi 9 février 2012

J'apprends le vietnamien, ou comment mon cerveau a fondu en 1h30

S'il y bien une chose extrêmement frustrante ici, c'est de parfois ne pas pouvoir communiquer avec les gens quand ils ne parlent pas un mot d'anglais. Par exemple, juste à côté de chez nous il y a un biahoi où nous avons pris nos habitudes, les soirs où il n'y rien à manger ou encore si on a la flemme de faire la cuisine (ce qui se produit très souvent, avouons-le). A chaque fois on est accueilli avec des grands sourires, ils sont au petit soin, les cuisiniers ont même fait un jour un portrait d'Olivier avec des oignons et des légumes sculptés piqués dedans. On rigole bien, mais on ne peut pas parler ensemble.

Après le Têt, nous avons donc décidé de commencer officiellement des cours de langue. Manon a dégôté une prof très sympa qui vient chez nous deux fois par semaine pour nous enseigner les rudiments de la langue: en quelques mois on ne deviendra pas bilingue, mais on pourra avoir de petites conversations, on l'espère...

Ou pas. Ce soir, j'ai le cerveau qui me ressort par les narines en coulant et des sons cromagnonesques se produisent tous seuls dans mes oreilles.
On suit le cours avec beaucoup d'attention et de concentration, mais je peux vous dire que c'est pas facile facile! Pour le moment on en est vraiment aux rudiments, et il faut vraiment tout réapprendre en commençant par l'alphabet et la prononciation.
La prof nous fait répéter des sessions entières de monosyllabe, un peu comme dans les livres à l'ancienne, et on se retrouve à chanter tous en choeur "ba beu bé bi bo bou, va veu vé vi vo vou, pha pheu phé phi pho phou" (là ça a failli dégénérer en crise de fou rire nerveux).
Il y a vraiment des moments où on est complètement largués, on se regarde avec des yeux effarés comme la vache qui a dû voir passer le premier TGV un jour dans son champs. Comment vous expliquer ça? C'est quelque chose qui devrait nous être familier, c'est le même alphabet, mais ça n'a tellement RIEN à voir qu'il faut tout réapprendre en partant de zéro, comme si on n'avait même jamais su lire et écrire quoi que ce soit.

Premier obstacle, la prononciation de lettres, tout simplement, qui n'est pas la même que chez nous. L'alphabet n'est pas totalement identique non plus, d'ailleurs. Pour votre information, c'est un alphabet "latin" grâce à Alexandre de Rhodes, missionaire venu au Vietnam au XVIIIème siècle qui a adapté la langue vietnamienne dans une écriture latine, à la place des caractères chinois utilisés auparavant. Notre prof trouve d'ailleurs que c'était une idée formidable, ça a beaucoup simplifié les choses pour tout le monde. Il a rajouté toutes sortes d'accents, de point et autres pour exprimer les différentes prononciations et tonalités, donc tout en étant familier l'alphabet n'est pas le même:


Déjà c'est la galère parce que la moitié des lettres ne se prononcent pas comme ça s'écrit, du moins comme nous on les prononcerait à la française. Le d, par exemple, se prononce z, gi ça donne z aussi, tr c'est tch, le o comme dans côte, le ô comme dans tomate, le ợ comme dans oeufs, le u et le eu comme you, etc etc.
A cela, deuxième aspect cocasse, on rajoute les tonalités. Il y en a six en tout : une prononciation accent neutre, un accent dont l'intonation monte, un qui descend, un qui monte puis redescend, un hyper sec où on mange la lettre, et une où on descend monte en avalant la fin. (Déjà arrivée là je sentais mes neurones en ébullition, j'imagine que les vôtres aussi).

Il s'agit de ne pas se tromper dans la prononciation. Ce sont toujours des mots très courts, mono syllabiques, et c'est la tonalité qui lui donne sa signification. Qui plus est, à même mot et même tonalité, ça peut varier suivant le contexte de la phrase dans laquelle on le cale. En gros, un même mot peut avoir jusqu'à 7 ou 8 significations différentes suivant tous ces paramètres!

Je vous mets une petite démonstration :

  • ba = papa, trois, un petit peu
  • bà = grand-mère, ou Madame
  • bã = déchet, tourteau, épuisé
  • bạ = raffermir, n'importe
  • bá = tante grand-maternelle, suzerain, entourer de ses bras

 (et je vais pas tous les faire il y en a encore d'autres)

Histoire de rire, il y a des "mots composés", donc deux très courts dont la signification globale n'a parfois rien à voir avec les deux qui les composent.

Voilà.

Là vous comprenez pourquoi on ressort du cours avec la tête complètement farcie, l'oeil torve, l'air hagard, le menton qui bavouille d'épuisement cérébral et les mains qui tremblotent nerveusement.

La prochaine fois, je vous parle des pronoms personnels, vous verrez, c'est pas triste non plus, votre tête va probablement imploser spontanément...






mercredi 8 février 2012

Princesse décapitée, nems et condition féminine...

Week-end productif s'il en fut! Il y a déjà quelques temps, on a pris nos habitudes dans un petit café très sympa juste à côté de chez nous et sympathisé avec une des filles qui y travaille, Huong. Elle nous a proposé la semaine dernière de nous emmener visite Co Loa, juste à côté de là où habitent ses parents, à 30km d'Hanoi. Ce qui fut dit fut fait ce samedi, on a passé une journée formidable!

On s'est retrouvé vers 10h au café avec Huong et 3 de ses amies, et on est partis pour notre petit périple.  Ca m'a permis par ailleurs de voir enfin le fleuve rouge qui traverse Hanoï, et que je n'avais pas encore eu la possibilité de traverser ni même d'apercevoir. C'est assez étrange parce qu'on passe sans transition de la route périphérique et de l'encombrement urbain à une berge très verdoyante. Comem vous pourrez le constater sur la photo, c'était une fois de plus... brumeux. (Je commence à fantasmer sur des rayons UV, on a pas vu un gramme de soleil depuis un mois, ça devient un peur dur tout ce gris.)


45 minutes de route, une fois sortis de la banlieue d'Hanoi, on était dans la campagne et ça fait du bien de respirer un peu d'air frais avec de la verdure autour, en comparaison de l'air pollué par les milliers de scooter en ville.

On est arrivé à Co Loa, où les filles nous ont fait visiter le temple du Roi. Il y a toute un tas de légendes autour de la ville, qui fut pendant un moment la capitale du royaume Âu Lạc et en conserve les restes d'une forteresse (on n'a pas eu le temps de la voir mais ce sera pour la prochaine fois). Ce qui était super, c'est qu'on avait nos guides personnels, qui nous ont raconté toutes les histoires, que je mets ici :

Avec l'aide du génie Kim Quy (Tortue d'Or), le roi An Duong Vuong réussit à construire la citadelle de Cô Loa aux murailles aussi épaisses que hautes. Avant de le quitter, le génie lui donna une de ses griffes en disant :
- Mettez-la en guise de gâchette sur une arbalète et vous serez invincible.
À cette époque. Triêu Dà (Chao To), chef des tribus au Sud de la Chine, s'était déjà plusieurs fois livré à des incursions dans le royaume d'An Duong Vuong. Mais l'arbalète magique l'avait aussitôt découragé. Il usa alors de la ruse. Il envoya son fils Trong Thuy porter au souverain des Viêt des offres de paix, avec l'intention secrète de détruire la fameuse arbalète.
Le jeune prince eut l'occasion de faire la connaissance de la fille d'An Duong Vuong, la belle My Châu dont il tomba amoureux. Ils reçurent la permission de se marier. Trong Thuy finit par obtenir de sa femme le secret de la gâchette magique. Il en fit fabriquer une absolument identique pour la substituer subrepticement à la vraie. Il trouva ensuite un prétexte pour rejoindre son père en Chine. Au moment de leur séparation, My Châu lui montra une robe de plumes d'oie et lui dit :
- Si des troubles éclataient par hasard ici pendant ton absence, je sèmerai ces plumes sur mon chemin et tu sauras où me retrouver. 
Trong Thuy partit. Peu après, son père Triêu Dà prit la citadelle de Cô Loa. An Duong Vuong n'eut que le temps de sauter sur son cheval avec sa fille en croupe et de s'enfuir par une porte dérobée. Talonné par l'adversaire, arrivé au bord de la mer, il appela la Tortue d'Or à son secours. Celle-ci apparut et lui dit :
- Roi, l'ennemi est en croupe derrière toi !
An Duong Vuong comprit alors. Fou de douleur, il prit son épée, tua My Châu et se précipita dans la mer. Guidé par les plumes d'oie, Trong Thuy trouva le corps de sa femme décapité. Il l'inhuma dans la citadelle et se jeta dans un puits. Aujourd'hui encore, au village de Cô Loa, devant le temple du roi An Duong Vuong existe le "puits de Trong Thuy". Selon la légende, le sang de My Châu coula jusqu'à la mer et les huîtres qui le burent devinrent des huîtres perlières. Il paraît que si on lave une de ces perles avec l'eau du puits, elle prend un orient incomparable, ce qui prouve l'innocence de la princesse.

Au temple, on trouve en effet l'autel du roi, le puit, et la statue de la princesse décapitée... C'est assez étrange comme endroit, fréquenté par tous les gens du coin qui veillent sur le temple, et prient le roi, la princesse pour apporter bonheur et longévité sur le village.

Les armes du roi, à côté de l'autel qui lui est consacré. Tous les ans a lieu une grande cérémonie, où on ressort le palanquin, les armes, les bannières, et une grande procession est organisée dans le village, avec un tas de jeux à l'ancienne et de costumes d'époque.

La princesse My Chau, sans sa tête, donc.





Après cette partie culturelle, hop, en voiture Simone, on est partis à 3km dans le village de Huong pour manger. Et pas seulement manger, pour participer à la préparation du repas! On a attrapé les ingrédients sur le chemin, et arrivés en cuisine, au travail les touristes!

"C'est moi qui l'ai faiiiiiiiiit!"
"Manon tu laisses le gateau du Têt frit tout de suite!"

Donc maintenant, je sais fabriquer des nems moi-même, que demande le peuple? Du coup on s'est empiffré de nos productions, c'était vraiment bon et je pense qu'on en refera à la maison, on a bien noté tous les ingrédients et comment on procédait. Si vous êtes très sages, je vous en ferai en rentrant à Paris ^^


Xavier est très déçu d'apprendre qu'il ne pourra pas manger TOUS les nems qu'on a confectionnés... 
Chez les parents de Huong, un intérieur typiquement vietnamien : gros meuble en bois laqué avec des incrustations de nacre, portrait d'Ho Chi Minh au mur, et le scooter dans le couloir ^^


Après le repas, on a eu une grande discussion sur la condition des femmes au Vietnam (ne me demandez pas comment on en est passé des nems au féminisme...).
Le côté positif ici, c'est par exemple que l'école étant obligatoire sous le régime communiste, les femmes ont pu s'alphabétiser beaucoup mieux et vite que dans d'autres pays d'Asie. En revanche, il y a toujours un poids de la société traditionnelle et une façon de voir les choses qui n'a pas beaucoup changé dans la génération précédent la nôtre. Ca commence à bouger un peu chez les jeunes, mais ça n'a pas l'air simple.
Huong a 28 ans, pile mon âge, que moi je trouve évidemment jeune! Ici pas trop : elle a 28 ans et elle n'est toujours pas mariée, elle commence vraiment à se faire un peu vieille pour ça. Ca angoisse un peu ses parents, si bien que son père a expédié sa mère pour lui en parler parce que ça va pas pouvoir continuer comme ça bien longtemps... Et encore, eux restent assez discrets.
Une autre des Vietnamiennes nous disaient que ses parents lui collent une pression d'enfer pour qu'elle se trouve un mari, parce que faire un master d'économie en Australie, c'est bien joli, mais c'est pas ça qui va te donner un bon mari, ma fille, à 25 ans, je vous le demande, à quoi ça ressemble de ne pas être mariée à cet âge? Tiens je te présente untel, va le voir, tu me dis si tu veux te marier avec lui ou pas, hein, décide-toi vite, parce qu'à ton âge tu ne peux pas te permettre de faire la fine bouche...
On sent qu'elles font ce qu'elles peuvent pour résister à la pression collective, mais que ça n'est pas facile tous les jours. Tout ça nous paraît évidemment assez ahurissant, de notre point de vue d'occidentales bien émancipées.
Elles sont d'autant moins enclines à se laisser forcer la main qu'ici on ne divorce pas, ou très peu, et que c'est très mal vu. En plus, c'est forcément la faute de l'épouse si le couple n'a pas marché, et c'est elle qui sera montrée du doigt par toute la communauté. De même, si un enfant est mal élevé, c'est la faute de sa mère, et uniquement de sa mère, et le père ne sera jamais mis en cause.
Bref, les filles ne nous ont pas conseillé de nous trouver un mari vietnamien, on y perdrait sacrement au change par rapport aux Occidentaux...

Pour finir sur une note plus guillerette, à force de galérer avec les prénoms des uns et des autres, on a rebaptisé tout le monde. Nos petites Vietnamiennes s'appellent maintenant Alice, Julie et Nathalie, quant à nous on a reçus des prénoms vietnamiens signifiant "héros, "homme fort", "fleur qui sent bon". Pour ma part je m'appelle Hông, "rose", un prénom très populaire et qui parait-il me va comme un gant...