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jeudi 31 mai 2012

Cambodge, jour 3: Angkor Vat, éléphant et crocodile burger!

Cher tout le monde,

Troisième et dernière journée de visite des temples qui fut ô combien riche et prolifique. La matinée entière était reservée à Angkor Vat, ce qui se justifie étant donné l'aspect colossal de la chose. C'est tout de même considéré comme le plus grand édifice religieux du monde, ça vous pose un temple tout de même. Effectivement, c'est énorme. Heureusement, les bas-reliefs sont dans des galeries couvertes, vu qu'il faisait bien chaud et que le soleil cognait dehors. Tout le premier niveau est couvert de fresques qui racontent diverses histoires de la mythologie locale, sur des dizaines de mètres, c'est vraiment impressionnant. C'est tellement grand qu'on ne peut même pas vraiment prendre de photo d'ensemble, tellement c'est étalé, ça fourmille de détails, de personnages sacrés, de récits de batailles, d'animaux légendaires, des scènes divines, c'est sans fin.
Et il y a des apsaras. Dès qu'on sort des galeries avec les fresque, on en croise à tous les coins, sur tous les murs, toutes les portes. Des apsaras partout, de toute beauté. Je vous passerai les 3484720 photos que j'ai faites en poussant des petits cris hystériques, mais en voici tout de même quelques unes.





Ho, des apsaras!

Ho, encore d'autres apsaras! (non mais franchement ne sont-elles pas magnifiques?)
Le temple s'étale sur trois niveaux, arrivé au dernier, nous avons eu un épisode cocasse (je le raconte avant que Juliette le fasse à sa façon et se gausse de moi allègrement). Tout en haut, c'est la partie qui est encore consacrée avec des Bouddhas "en activité" si je puis dire. Du coup il faut être habillé décemment, j'avais un débardeur et une longue étole drapée sur mes épaules, mais les étoles ça n'est pas permis, non madame vous ne montez pas. Pourtant je pensais que ça irait, en Italie je me baladais toujours avec un très grand foulard pour me le mettre sur les épaules dans les églises et ça n'a jamais posé problème.
Du coup je laisse monter Juliette qui, elle, avait les épaules couvertes contrairement à la gourgandine que je suis. En redescendant comme elle voyait que j'étais un peu déçue, on a cherché un couloir obscur et peu fréquenté pour échanger nos tee-shirts en se cachant derrière l'étole et en braillant "allez dépêêêêêche!" "oui mais avec la sueur mon truc il est tout collé à moiiiiii!". Un peu comme si on s'était déshabillé dans un recoin obscur de Notre Dame à Paris, honte sur moi qui suis une impudique hétaïre dotée de débardeur indécent offensant la morale bouddhique.
Bref, l'épisode ridicule du jour, une fois affublée de la blouse décente de Juliette, j'ai pu monter aussi et c'est vrai qu'il y a une belle vue, de là-haut. Et puis bon ça aurait été un peu idiot de venir jusque là et de ne pas monter. Soit dit en passant, l'escalier est extrêmement escarpé au dernier niveau, ils ont placé un escalier en bois pour que les gens ne se tuent pas en route, et même là il faut rester prudent, surtout à la descente. L'explication est que le sommet est consacré au divin, et la pente vertigineuse de l'escalier illustre la difficulté pour les hommes à accéder au monde des dieux.


Devinez quoi, une apsara...


Bon ok j'ai déjà mis trop d'apsaras mais celle-là, elle a encore des traces de rouge à lèvres!
Au sortir d'Angkor Vat, Juliette essaie de sympathiser avec un congénère peu enchanté qu'elle ait essayé de lui tirer la queue... 
Après une habituelle pause piscine sieste, nous voici reparties en tuk tuk pour la porte des génies. Sur les bords du pont, génies d'un côté et démons de l'autre, qui tirent la queue du serpent cosmique dans l'épisode du barattage de la mer de lait (tout ça est encore un peu obscur à mes yeux, il faut vraiment que je révise ma mythologie hindoue). Au bout, la porte d'Angkor Tom, qui mène au Bayon, surmontée d'une tour où figurent des têtes de Bouddha. Là déjà, c'est classe. Mais après c'est devenu encore mieux, parce qu'on a abandonné pour un moment notre tuk tuk préféré pour...


... un éléphant, oui madame! On a fait le chemin entre la porte d'Angkor Tom et le Bayon en éléphant! Nan mais si ça c'est pas formidable, tout de même? Ca nous a franchement mises en joie, avouons-le, et on a gloussé sur tout le trajet. On a d'ailleurs eu un gros succès auprès des gens qui passaient et qui nous montraient du doigt, épatés, pendant que nous dominions le monde depuis notre royale monture.
Ca a pris un moment parce que ça ne va pas très vite, un éléphant, surtout le nôtre qui a décidé à un moment de s'arrêter faire une pause casse-croute. Forcément, il y avait un gros tas d'herbe fraichement tondue sur le chemin, c'était trop tentant. Inutile de vous préciser que quand l'éléphant a décidé qu'il ne bougeait plus, le guide peut tirer tout ce qu'il veut, autant pisser dans un violon comme on dit!

Ca manque un peu d'esclaves qui agitent des parasols et de danseuses sacrées pour nous ouvrir la route, mais c'était pas mal quand même hein. On remercie notre gentil chauffeur de tuk tuk qui nous a immortalisées sur notre fier destrier devant le Bayon, c'est quand même assez classe! 

Juliette qui fait la danseuse sacrée devant le Bayon.
Le Bayon est un endroit assez étrange. Il est composé de nombreuses tours qui sont toutes ornées de quatre visages de Bouddha. Il n'y en a pas un semblable aux autres, et ça fait un drôle d'effet d'être entouré par tous ces visages aux yeux mi-clos et au sourire serein, dont certains ont été à moitié effacé par le temps.




Terminé en beauté avec la célèbre terrasse des éléphants, qui fait plus de 350m de long, d'où les rois siégeaient pour les cérémonies et les spectacles. Juste derrière se situe la terrasse du Roi Lépreux,
"doit son nom à une petite statue asexuée que l'on pense être la statue du roi Yasovarman qui serait mort de la lèpre. Mais l'autre explication est que cette statue représenterait Yama, le dieu des morts, et la terrasse du Roi Lepreux aurait été en fait un crématorium royal. " Quel qu'ait été son usage, les frises sont remarquables encore une fois de finesse et valent le détour.







Nous avons finalement quitté le parc d'Angkor avec l'orage qui menaçait de tomber, un peu tristes de partir déjà et dans le même temps assez émerveillées de tout ce qu'on a pu visiter en l'espace de quelques jours. C'est vraiment une chance incroyable d'avoir pu être là et de voir tout ce qu'on a vu.

Le soir, on est allé à l'hôpital pour enfant Jayavarman VII. Ce dernier est tenu par un médecin suisse, dit "Beatocello", qui joue remarquablement du violoncelle et donne un concert tous les samedis pour récolter des fonds. Dans le même temps, il vous parle de la situation financière et surtout sanitaire au Cambodge, ce qui a tendance à vous coller une vieille claque derrière la nuque. Bienvenu à la réalité du pays après avoir fait les gros touristes... Je ne saurai trop dire mon admiration pour cet homme, qui depuis 30 ans récolte des fonds privés dans le monde entier pour faire tourner les 5 hôpitaux qu'il a montés, où les enfants viennent des quatre coins du pays et sont soignés totalement gratuitement. Tous les chiffres qu'il vous sort ont tendance à vous assommer un peu, tant ça parait effarant à nos yeux d'occidentaux bien confortables.

Comme a dit Juliette, c'est là qu'on peut dire merci pour être né en France et qu'on y est vraiment pas si mal lotis que ça. On a beau ronchonner et râler pour tout en bons français jamais contents, quand tu sais par exemple que 65% des Cambodgiens sont porteurs de la tuberculose suite aux exactions des Khmers Rouges, ou que 60% des gamins qui atterrissent à l'hôpital décéderaient par manque de soin si leurs parents ne traversaient pas tout le pays en mobylette pour les ramener là... tu mets tes petites histoires chouineuses de sécurité sociale et de gouvernement et blablabla dans ta poche et tu te tais. Si si, tu te tais.

Je pense que c'est une des grandes leçons que je retiendrai de mon séjour en Asie : on a de la chance, beaucoup de chance, de vivre en France, d'avoir le système politique qu'on a, les conditions de vie, la richesse et les libertés qu'on a. Je ne dis pas que tout est rose chez nous, bien entendu, il y a évidemment des choses qui ne vont pas trop non plus, mais quand tu as vu un peu ce qui se passe ailleurs, finalement on est vraiment des privilégiés.

Bref, après ce cri du coeur un peu sérieux, il ne faudrait pas rester sur cette note tragique et je vous raconte la fin de notre soirée. On avait déjà prévu de faire plein de choses idiotes mais du coup on a un peu culpabilisé quand même en sortant de l'hôpital. On a laissé des sous, ils appelaient également les jeunes à donner leur sang car ils sont en plein dans une épidémie violente de dengue. J'aurais bien aimé le faire mais étant donné que je suis potentiellement porteuse du palu, je me suis dit que j'allais éviter de le refiler aux gamins qui sont déjà en état de choc hémorragique. Ils ont bien expliqués qu'ils sont aussi rigoureux qu'en Europe à ce niveau et refusent d'abaisser les critères de sécurité de don de sang sous prétexte qu'ils sont dans un pays pauvre ; on le leur a reproché, sous le prétexte qu'il fallait s'adapter aux moyens du bord, et là je me dis qu'on marche sur la tête. Bonjour, déjà vous êtes pauvres, ben alors on va vous soigner de façon merdique!  Ok ok j'arrête, mais ça m'énerve...

Donc disais-je, nous culpabilisions un peu mais après on a essayé de se raisonner en se disant que le tourisme, c'est aussi ça qui fait vivre une bonne partie de la population à Siem Reap (la vieille excuse). Donc finalement on a pratiqué quelques activités particulièrement idiotes qui nous ont mises en joie.

Première étape : on s'est fait manger les pieds par des poissons. Oui je sais dit comme ça c'est un peu étrange, mais véridique. En fait dans le centre il y a des gros aquariums avec des bancs tout autour, tu t'assois dessus, tu mets tes pieds dans l'eau, et là des tas de petits poissons se précipitent sur tes délicats petons. C'est un peu répugnant dans le principe, parce que ces délicats poissons argentés mangent les peaux mortes de tes pieds, ce qui est assez étrange mais laisse ta peau douce comme jamais. En revanche, les cinq premières minutes, ça chatouille horriblement! Déjà moi je suis assez sensible donc je poussais des tas de gloussements, mais je gloussais encore plus de voir Juliette tressauter et hululer de rire à côté de moi, vu qu'elle est encore plus chatouilleuse. J'ai vraiment cru qu'elle allait en faire pipi dans sa culotte (moi aussi honnêtement), à force de rire comme ça. Au début on s'est dit que les gens allaient nous prendre pour des tarées, mais plus tard d'autres visiteurs sont venus aussi se faire manger les pieds, particulièrement une dame chinoise qui gloussait et criait encore plus que nous, donc apparemment c'est normal.

Mises en joie par 20 minutes de ce traitement, on a cherché où manger et là on est tombé sur un concept mortel qui a aussitôt remporté notre adhésion : le burger de crocodile! Oui vous avez bien lu, du crocodile, en burger! Ils en élèvent beaucoup dans des fermes aux alentours, pour le cuir principalement, et pour la viande aussi. Ca a un goût assez étrange, c'est très dense et très compact comme viande, avec un goût de viande un peu fumée et un arrière-goût de poisson; c'est extrêmement surprenant et pas mauvais du tout. Du coup on s'est empiffré ça, accompagnés de "mojitos khmers" au gingembre ou au poivre, qui était du dernier délicieux.

Dans la même journée, nous avons donc accumulé Angkor Vat, l'éléphant, le Bayon, l'hôpital, les poissons, le crocodile, excusez du peu! Mon seul regret maintenant, c'est de n'avoir pas pu rester plus longtemps pour parcourir le pays, qui a l'air assez fascinant dans son ensemble. On n'a vu quasiment que les temples et un petit peu la ville de Siem Reap, j'aurais adoré aller à Phnom Pen et sillonner un peu les alentours. Mais je me dis aussi que ce n'est que partie remise... Un jour, je reviendrai!

jeudi 24 mai 2012

Le Cambodge, jour un : extatique, que je suis...

Très chers fidèles lecteurs amis, 

Depuis hier soir je suis au Cambodge, j'ai rejoint Juliette sur place et nous avons poussé des petits piaillements hystériques en nous retrouvant (quand même, ça faisait 6mois que je n'avais pas vu ma petite-fille adoptive, c'était le drame!).

En plus je ne sais pas si vous réaliserez bien, mais j'ai pris l'avion seule pour y aller. Seule. L'avion. Et j'ai demandé exprès une place près du hublot. 
Parce que maintenant non seulement je ne fais plus de crise de terreur totale en montant dedans, mais je me suis découvert une passion pour regarder le ciel depuis les airs. Je ne dis pas que j'aime ça. Je me suis encore enfoncé les ongles dans la paume des mains quasiment jusqu'au sang au décollage. Mais je n'ai pas pleuré, pas arrêté de respirer, pas tremblé de peur pendant tout le traket. Depuis que j'ai pris l'avion seule pour faire Ho Chi Minh-Hanoi et que j'ai vu un coucher de soleil depuis les nuages, je suis presque (presque attention) réconciliée avec l'avion. Mon émerveillement contrebalance la terreur que j'avais avant, et c'est un énorme progrès pour moi. Bref, je referme cette parenthèse avionesque, revenons au Cambodge.  

Donc pour commencer, notre hôtel, recommandé par Maurice, est juste absolument formidable. "Mystères d'Angkor" est composé de lodges avec piscine, le personnel est charmant, et je ne vous parle pas de la nourriture. Demain je vous mets des photos, j'ai oublié d'en prendre aujourd'hui dans le seul but purement scandaleux de vous faire pleurer vos mères de jalousie et de dépit ; que voulez-vous, ma mesquinerie naturelle a été oblitérée par mon excitation devant tous les temples...

Sur les recommandations de Maurice, qui est déjà venu plusieurs fois, nous avons commencé par les plus petits temples. Il part du principe qu'il vaut mieux débuter avec les plus modestes, pour terminer en apothéose par Angkor Vat et le Bayon, les deux plus beaux; le raisonnement me semblant légitime, ainsi fut fait. 

Le matin, nous sommes gaillardement parties en "tuk-tuk", le moyen local de transport touristique, à savoir une espèce de calèche attelée à un scooter conduit par un charmant guide, et en avant route. On a effectivement commencé par un tout petit temple, Prasat Kravan, qui contient dans la tour centrale de très beaux reliefs sculptés. Là, déjà, on s'est mises à glousser compulsivement en se poussant du coude, parce que hé, hé, hé, on est au Cambodge en train de visiter les temples d'Angkor, huhuhuhu. 



Deuxième temple de la matinée, Pre Rup, qui est déjà de taille plus imposante et bâti sur le modèle des "temples-montagnes", à savoir des galeries aboutissant sur un grand escalier qu'il faut escalader pour atterrir sur une plate-forme où se trouvent cinq tours, une à chaque angle plus une centrale. La plupart du temps, dans la tour du milieu on trouve encore un Bouddha, habillé de tissu doré, avec moult batons d'encens et offrandes, et on peut allumer un baton soi-même pour se porter bonheur. 

C'est là que Juliette, qui trouvait déjà qu'il faisait chaud, a commencé à comprendre l'intérêt de rester vautré à l'ombre sans bouger le petit doigt par climat tropical. Et encore, comme je lui ai dit, il faisait un peu nuageux et donc relativement frais. Trois volées de marches (certes très hautes, étroites et usées), ça donne juste envie de s'étaler en étoile de mer sous un climatiseur à puissance polaire. Elle n'a pas apprécié de devenir, je cite "un petit cochonnet rose et luisant"; par ailleurs elle m'a interdit de poster toute photo d'elle dans cet état sous le fallacieux prétexte de ne pas pousser à la rupture horrifiée avec Mathieu, ce qui, je trouve, dénote un certain manque de fantaisie. 


Suite du programme, Mebon Oriental , qui m'a beaucoup plu parce qu'il y a des éléphants sur deux étages aux coins des terrasses. J'adore les éléphants. J'en ramènerai bien un à la maison mais ce doit être un tantinet encombrant. 


Référence culturelle familiale pour mon Papa : "Qu'est-ce que tu dis, enfant d'éléphant?" "Rien, rien, je ne dis rien!"

Certaines fresques ont été remontées, mais pas sur les murs, ces derniers étant un tantinet branlants et souvent soutenus par des échafaudages en bois pour les empêcher de tomber sur le côté... 

Après les temples en brique rouge, qui étaient autrefois couvertes de plaques de plâtres sculptées, on est arrivé dans des temples en pierre, Ta Som et Neak Pean, un peu plus noyés dans la jungle. Certains endroits sont encore en chantier total, voire complètement démolis, ce qui rappelle que les lieux ont été abandonnés pendant des siècles avant que les archéologues ne les retrouvent. Vous verrez un peu plus loin à quel point la nature peut reprendre ses droits là-dedans. 




Après avoir déjeuné, on est retourné un petit coup à l'hôtel, histoire de se mettre au frais dans la piscine et de faire la sieste aux heures les plus chaudes. La sieste, c'est sacré, il y a des choses avec lesquelles on ne rigole pas, hein.

Juste pour l'anecdote: on est passé plusieurs fois devant ce bâtiment qui un centre commercial et que je trouve d'un kicthissime absolument fantastique. Même au Vietnam, ils n'avaient pas osé. Vous n'en rêviez pas, mais le Cambodge l'a fait quand même... xD 
L'après-midi deux temples déjà beaucoup plus grands que les précédents, où on a passé une bonne heure à chaque fois. Les sculptures se font plus fines, plus détaillées, mieux préservées ou restaurées, en particulier les "apsaras" ou danseuses sacrées qu'on trouve partout, et pour lesquelles j'ai une passion. Il y en a vraiment de magnifiques, et pourtant je sais que je n'ai pas encore vu les plus belles: j'en bave d'avance à l'idée de voir les fresques au Bayon.

L'autre chose qui m'a frappée, c'est le travail colossal qui est réalisé en permanence sur ces sites. Il y a un peu partout des travaux financés par des pays mécènes, qui aident à reconstruire et restaurer les lieux. D'après ce que j'ai lu, on retrouve presque toujours les "morceaux" de bâtiments, et c'est un travail de fourmi titanesque que de remonter tout ça. Les photos avant/après sont impressionantes, on passe d'un gros tas de morceaux de pierre effondrés à des bâtiments remontés intégralement.





Pendant qu'on faisait notre visite à Banteay Kdei, le tonnerre a commencé à gronder et le ciel à s'obscurcir brutalement. Outre qu'il faisait plus frais, on a eu un ciel fantastique soudainement, et un arc-en-ciel au-dessus de tours, jugez plutôt :


Franchement, est-ce que ça n'est pas de toute beauté, purement et simplement? 
Arrivées à Ta Prom, on s'est pris une bonne rincée, l'orage a crevé et on remercie ma présence d'esprit pourtant rare qui m'a fait mettre une cape de pluie dans le sac. Ca ne nous a pas empêchées de déambuler dans ce temple qui présente un aspect assez intéressant, car si la majeure partie de la jungle qui couvrait tout a été dégagée, ils ont gardé certains arbres colossaux qui ont poussé dans les murs du temple et expliquent pourquoi la plupart des constructions ont été ravagées et démontées par la nature pendant les siècles où c'est resté totalement abandonné. Les arbres sont monstrueux, les racines font un mètres de large (juste les racines), et on comprend pourquoi ça s'est effondré sous la poussée de la jungle. 




Pour la fin de la journée, on est allé voir le coucher de soleil sur la porte ouest d'Angkor Vat, sur les recommandations de Pascal à qui appartient notre hôtel. D'après lui, il faut apprivoiser l'endroit petit à petit... On n'est pas rentré dans le site, on a juste franchi les douves et fait quelques photos à l'arrière avec un guide sympa qui nous a fait faire un petit tour sous le nez des gardiens qui nous houspillaient parce que ça fermait. Déjà, quelques très belles vues, et l'envie d'y retourner qui monte, monte...




Bientôt, bientôt Angkor Vat en entier... 
Bilan de la journée, après une seconde plongée dans la piscine et un excellent dîner, je suis positivement ravie. On a déjà vu des choses magnifiques, et je sais que ce n'est que le début, que ça va être de plus en plus beau. C'est vraiment formidable en soi, et je suis tellement émerveillée, de la chance que j'ai de pouvoir voir tout ce que j'ai vu, que je pourrais presque me mettre à pleurer.  

Je ne sais pas trop comment vous dire ça, mais Angkor ça m'a toujours fait rêver. Ca fait partie des choses dont je me suis dit : "Une fois dans ma vie, je veux voir ça." Et bien voilà. J'y suis. 



jeudi 3 mai 2012

Cat Ba : l'endroit le plus formidable où je sois jamais allée. Parfaitement.

Mes petits amis,

Je reviens tout juste d'un week-end prolongé à Cat Ba, la plus grosse île de la baie d'Ha Long. Vous allez sûrement brailler que je n'ai toujours pas fini de raconter Hue, ni entamé le récit sur Ho Chi Minh et le delta du Mekong, mais je veux vous raconter ça avant d'en oublier des bouts. Parce que très franchement, c'est un des endroits les plus fantastiques où j'ai pu aller depuis le début de mon séjour. Comme je suis d'une effroyable mesquinerie, je vous fais le récit sans oublier trop de détails histoire de vous faire pleurer de dépit, et de le revivre dans ma tête tant que c'est encore frais.

De ces vacances épiques, j'ôte la partie trajet qui a été... pittoresque. On est parti à 7h du matin le samedi, bus pour Hai Phong, jusque là tout allait à peu près. En arrivant, on décide de manger un coup, on avait le ventre vide, après quoi direction le port. Là on nous annonce que c'est ballot, on a raté le dernier "speed boat", et qu'il faut prendre le bateau qui met 2h au lieu des 45 minutes prévues. Admettons, il fait beau, pourquoi pas... On se retrouve entassé sur une espèce de patache, calés à l'avant du pont sur une natte, avec devant nous un barda de légumes, de caisses, de sacs non identifiables, d'objets rituels en bambou, etc. Finalement on a mis 3h30 au lieu de 2h, ce qui était un peu agaçant ; pour ma part j'avais 4jours de congés, mais d'autres n'avaient que le week-end. Néanmoins, il faisait grand soleil, on a traversé des endroits assez sympas, et l'arrivée aux alentours de Cat Ba était au niveau des paysages l'équivalent de la croisière qu'on fait habituellement quand on va à la baie d'Ha Long. Sur la fin ça secouait un peu quand on s'est retrouvé en pleine mer, moi aucun problème mais certains étaient un peu verts...

Comme vous pouvez le constater, c'est un peu le bazar sur ce bateau.


Jonathan il est pas content que ce soit le souk, ce trajet, pas content! 


Quand le paysage a commencé à se profiler comme ça, on a commencé à devenir tous contents quand même (sauf ceux qui commençaient à être un peu verdâtre parce que ça secouait...)


Bref, on arrive à Cat Ba finalement, il était déjà 15h30 (partis à 7h du mat, ça c'est de la rentabilité). Le temps de chercher des scooters à louer et de s'embrouiller avec quelques loueurs malhonnêtes (non, nous ne paierons pas 2000 dollars au cas où le scooter serait volé, sachant qu'il en vaut 200 au plus), de manger un bout, tout ça, la journée était déjà bien entamée. Heureusement, Manon était arrivée dès le matin à Cat Ba, elle nous avait trouvé un logement.

Le plan de base, c'était de se caler dans un bungalow au bord de la plage, malheureusement c'était totalement pris d'assaut. Du coup elle s'est rabattue sur un autre logement, un peu plus éloigné de la plage mais vraiment super. C'est une ancienne pagode âgée de 110 ans, qui a été démontée et rebâtie sur Cat Ba, et sert maintenant de maison d'hôte à tendance un petit peu écolo. Une vraie pagode, avec les portes en bois toutes sculptées, la charpente ornée, les panneaux rituels, et mêmes encore quelques objets de cultes éparpillés. Dans tout ça vous rajoutez des tas de lits sous moustiquaires, des hôtes qui parlent pas très bien anglais mais charmants, un jardin tout mimi avec des poules, des chiens, une mare à crapauds et un hamac farceur... Bref le paradis!



De là, on a sauté dans nos maillots de bain, et pan direction la plage directement parce que bon, quand même hein, on attendait que ça depuis le matin et qu'il était quand même 17h30 avec tout ça. Je n'ai pas trop de photos à vous montrer hélas, parce que mon appareil n'avait plus de batterie.

Donc là maintenant, concentration. Vous imaginez les montagnes de la baie d'Ha Long, ces montagnes en pain de sucre qui surgissent de l'eau, aux falaises blanches avec de la végétation folle qui grimpe sur la paroi et explose en forêt vierge sur le dessus. Vous mettez deux parois de chaque côté, avec au milieu une plage de sable où se trouvent des parasols et des transats au bord de l'eau. La mer qui s'engouffre entre ces deux falaises, éclairée par le soleil rasant qui commence à descendre, le vent du large qui rafraîchit enfin l'air étouffant de la journée. Au loin, des bateaux de pêche au calamar avec leurs dizaines de grosses lampes en verre soufflé. De oiseaux noirs immenses passent dans le ciel en jouant avec le vent pour monter et descendre. Et en toile de fond, sur la mer, d'autres montagnes qui ressemblent à des pains de sucre les pieds dans l'eau. Vous êtes dans l'eau qui est juste assez tiède pour rafraîchir mais pas assez fraîche pour tenir froid, même quand la nuit tombe. Vous avez nagé, là vous faites la planche, vous flottez mollement dans l'eau en regardant le paysage, le soleil descend au loin, et vous avez la baie d'Ha Long tout autour de vous. Voilà. Ca y est, vous y êtes? A ce moment précis, là, votre vie est absolument formidable. A ce moment précis, même si on en a parfois bavé depuis notre arrivée, j'ai réalisé à quel point j'avais une chance fantastique de vivre tout ça et d'être à cet endroit...

Fin de la journée, fatigués mais contents hein dis donc.

Après cette séance revigorante, on est retourné à la maison-pagode où nos hôtes nous avaient préparé un dîner gargantuesque comme toujours pour le premier soir. Fruits de mer, poisson, petits légumes, re-poisson, bref on mange local comme toujours, et c'était juste trop bon. Le soir on envisageait d'aller à une soirée sur la plage, on est parti en ville pour checker ça, mais finalement il n'y avait pas de soirée su la plage, c'est ballot. On a commencé à jouer un peu au billard, mais Manon et moi avions moyen envie de rester enfermées dans un bar alors qu'on était quand même sur une super île. On est ressorti toutes les deux du bar, on a marché le long du port et on s'est calé sur un banc en face de la mer, ou plus exactement en face des restaurants flottants qui clignotent de tous leurs feux au néon fluon (le néon est une des plaies du Vietnam, incontestablement). Là on a commencé à parler de grands sujets philosophiques, qu'est-ce qu'on va faire à la fin du stage, comment ça va se passer en rentrant, le contrecoup violent, qu'est-ce que j'ai envie de faire de ma vie après tout ça, etc etc...

Après un nouveau tour au bar, nous sommes finalement rentrées à la maison-pagode ; soit dit en passant l'éclairage municipal nocturne ça n'existe pas à Cat Ba, quand tu as juste ton phare pourri de scooter de location qui éclaire à 3m, tu es ravie... Après on s'est vautré dans l'herbe devant la maison, et on a continué à fumer et boire des bières en regardant les étoiles et en philosophant toujours, nos grandes discussions existentielles entrecoupées de "Chuis en train de me faire bouffer jusqu'à la moelle parce je ne sais quelle bestiole, je crois... Nan mais sinon, dans un futur lointain, moi je verra plutôt la vie comme ça et... Mais merde j'en ai plein le dos là, et pas que au figuré, y a un truc qui me bouffe le dos!" Pourtant on s'était enduites d'anti-insecte tropical, mais les bestioles locales n'ont pas dû comprendre que ça leur était destiné. Pas facile de refaire le monde en se gratouillant compulsivement...

Le lendemain, pas de violence, c'est les vacances, on s'est levé vers 10h ou 11h, plus ou moins frais pour certains qui étaient rentrés à des heures tardives dans un état... de jovialité avancée, dirons-nous poliment (Nelson, si tu lis ce message, je te conspue jusqu'à la 38ème génération, idem pour les 3 autres  garçons qui gloussaient hystériquement à tes bêtises). Petit déjeuner omelette, vache-qui-rit et banane, bref un repas touriste ; déjà bien content qu'on ne nous serve pas direct une soupe de nouilles au boeuf avec du cartilage, du gras et de l'affreux pâté blanc dedans, ce qui est un peu rude le matin au réveil.

Après direction la plage à nouveau, parce que bon, voilà, hein, faudrait pas se faire du mal, on va aller faire la sieste sous les parasols en se trempant régulièrement pour se rafraîchir. Il n'y avait absolument personne d'autre que nous, on buvait du jus de coco directement dans la noix avec une paille, en grignotant des frites ramenées par le monsieur du bar.

C'est à ce moment que j'ai été victime de l'accident du séjour, qui, je le sens, va tous vous mettre en joie bande de petits chameaux. J'étais tranquillement en train de somnoler sur mon transat à l'ombre, digérant mes frites et suant ma crème solaire comme tout un chacun, savourant le vent un peu frais qui soufflait enfin, quand j'ai été violemment attaquée. On s'était fait un ilot de parasols pour avoir assez d'ombre, celui derrière moi a été emporté par le vent et s'est abattu d'un coup sec sur moi, une des baleines en métal s'écrasant 2cm à gauche de mon plexus. Réveil en fanfare avec cris et braillements, Daniel qui dégage le parasol, moi qui hulule à la mort parce et crie des jurons, etc etc. (Trois jours après pas trop de trace mais bien mal, je pense à un bon hématome caché dessous). Voilà comment j'ai été victime d'un terrible accident de parasol, épisode ridicule qui vous réjouira assurément depuis le temps qu'il ne m'était arrivé aucune stupidité. ^^

Après toutes ces émotions, on est reparti de la plage en milieu d'après-midi, direction la vallée où se trouve le parc national. On n'est pas rentré dedans, mais on s'est balladé en moto dans les vallées tout autour, dans des endroits vraiment paumés. A un moment on s'est arrêté, on a coupé les moteurs, et là on a écouté. Des deux côtés de la route, deux murs de jungle impénétrable, un fourbis végétal inextricable, et là dedans des bruits incroyables. Des crissements de grillons qui vous percent les tympans (nous on appelle ça les grillons motobike, il font le même bruit que nos moteurs), des hululements, des cris de geckos, des oiseaux impossibles à voir, et toutes sortes d'autres choses dont je serai totalement incapable de dire quel animal peut bien produire un son pareil. Là, tu te sens tout petit et tu abandonnes tes plans de devenir immigré clandestin en disparaissant dans la jungle. Pourtant j'en avais parlé avec Stijn et Xavier, ils avaient l'air d'accord, mais je crois qu'il faudra qu'on regarde encore quelques épisodes de Man vs Wild avant de se lancer...

Le soir on est retourné à la plage parce qu'on avait eu un peu chaud et qu'il faut pas se laisser abattre, après quoi on a dîné sur le port. Là ça a été un peu le cirque parce que le dimanche soir c'est piétonnier, et vu la quantité habituelle de scooters, je vous laisse imaginer le bazar. Finalement on n'a pas tous terminé dans le même restaurant pour cause d'hystérie du parking, mais le mien était délicieux. Très honnêtement, je ne suis pas une inconditionnelle de la nourriture marine, je ne mange pas trop de poisson, je préfère les crevettes ou le calamar, avec un peu de crabe de temps en temps. Là, il faut avouer que tout est délicieux, même le poisson, et particulièrement le calamar ananas citronnelle ou bien jus de citron gingembre ou encore sauce aigre-douce, j'en bave encore rien que d'y penser... On a terminé la soirée encore sur la plage, avec des bières, vautrés sur les transats, à regarder les étoiles en délirant sur les formes qu'on pouvait trouver (un papillon, un poney qui galope, un poney de face, on a refait la carte du ciel) avec la mer en fond visuel et sonore. C'était pas mal, avouons-le.

Le lendemain, meilleur journée de tout le séjour. A 9h, on a embarqué dans un bus de l'agence "d'aventures" Slopony, que je recommande fortement à toute personne qui séjournerait à Cat Ba. Contrairement à toute excursion habituelle, on ne t'arrête pas tous les 200m dans un magasin ou une fabrique tenue soi-disant par des handicapés, en t'incitant à chaque fois à acquérir quelque formidable production locale. C'était un peu le cirque pour l'organisation, Xavier n'ayant pas tout bien compris la veille et nous ne nous étant occupés de rien, mais ça a été quand même assez fantastique.

La nuit, toutes les bonbonnes en verre accrochées en haut s'illuminent pour attirer de quoi pêcher, et même de jour c'est super joli. 
Le matin, 45minutes de traversée au milieu de la baie et des villages flottants pour atteindre le point désiré. Après quoi environ 2h de kayak, en passant entre les montagnes, dans des cirques naturels où tu accèdes par une grotte, le tout dans une eau claire nettement moins polluée qu'à Ha Long même. Là ça recommence, tu regardes autour de toi et tu te dis que tu es quand même un sacré petit veinard que c'en est une honte!










Evidemment le kayak c'est parti en cacahuète, parce que j'étais dans un bateau avec Manu et que Jonathan était dans un autre avec Xavier, donc ça s'est fini en bataille navale pour s'emparer du briquet. On n'était pas partis depuis 10 minutes que tout le monde était trempé jusqu'au slip à force de s'envoyer des gerbes d'eau avec les rames (de toute façon dès qu'on implique Jonathan et Manu, ça se termine toujours en hystérie collective). Bilan tous les briquets étaient trempés et on n'a pas pu allumer une cigarette jusqu'à ce que je réussisse enfin à en faire marcher un par hasard. Là on a conclu une trêve et on a rapproché nos kayaks pour allumer la cigarette de tout le monde, la plus formidable pause clope de l'univers au milieu d'un cirque naturel creusé dans les montages à Ha Long en tournant mollement avec le courant...









On a terminé la promenade sur une petite plage, après quelques passages douteux où on raclait le fond à cause de la marée basse, et là tu te rends compte que ces rochers effrités super tranchants de la paroi sont les mêmes au fond, donc tu as pas trop envie d'y mettre les pieds... Depuis la plage on a regagné le gros bateau à la nage, où on s'est fait le plaisir de sauter du pont dans l'eau en attendant le lunch. Après Jonathan s'est fait attraper le bras par une méduse, on en a vu flotter à moins de 2m (des méduses, pas des Jonathan), et d'un coup on a eu beaucoup moins envie de se baigner.

Donc si vous regardez bien, le type qui nage au milieu c'est Xavier, et le petit point au fond c'est Joachim qui se dirige vers notre bateau.
Donc voilà, moi et mon somptueux short de bain vietnamien qui m'a tatoué Chelsea à l'envers sur le ventre en déteignant suite au bain, sur fond de mer et montagne de baie d'Ha Long. Vous pouvez pleurer, c'est permis. :D  

L'après-midi, on avait demandé à être en indépendants, on nous a remis le matériel d'escalade, largué sur une plage, et hop nous voilà au pied de la paroi. Alors, il faut l'avouer, je n'ai jamais été une flèche en escalade, j'en ai très peu fait, et pas sur les dix dernières années, mais j'avais trop envie d'y aller quand même. La mesquinerie de pouvoir dire "vouiiiii moi j'ai fait de l'escalade dans la baie d'Ha Loooong, tu voââââââs" n'a pas peu contribué à ma motivation, raclure que je suis!

Ca c'est l'endroit où on a grimpé, côté plage. 

C'est Xavier qui est monté le premier, évidemment, vu que c'est un peu lui le spécialiste qui a le niveau. Ca faisait juste depuis notre arrivée qu'il fantasmait à l'idée d'aller grimper sur les rochers de la baie d'Ha Long...



Et là c'est côté paroi, avec Xavier qui ouvre la voie.  
Votre fidèle correspondante arrivée en haut, perchée sur le petit plateau là où je mets mes pieds, on pouvait se tenir debout et se retourner pour avoir une vue juste fantastique.

Joachim, qui ne tient pas à la vie, se laisse assurer par moi (ce garçon aime vivre dangereusement).


Dernière grimpe de Xavier sur un passage un tantinet difficile...



C'est là que je me suis dit que j'étais un gros loukoum et qu'il fallait que je me remette un peu au sport, ce que j'avais commencé à faire avant de partir au Vietnam mais que j'ai abandonné lâchement en route. J'ai réussi à grimper la première voie presque jusqu'en haut mais j'ai dû m'arrêter parce que je n'avais pas assez de force pour me tirer sur la dernière passe. La deuxième voie, je me suis arrêtée au 2/3 pour cause de tétanie dans les bras qui ne voulait pas passer, même après un peu de repos suspendue dans le baudrier, ça m'a agacée même si Xavier a dit que ça pouvait arriver à n'importe qui au début, muscle ou pas. Néanmoins, même sans arriver au bout, je peux vous dire que dès qu'on grimpe un peu, on a une vue plutôt pas mal de là-haut... On a tourné l'après-midi en s'assurant les uns les autres pendant que ça grimpait, même Manon qui n'en avait jamais fait de sa vie, même Jonathan qui a le vertige. On s'est un peu raclé les mains et les genoux, la roche est assez acérée et pas extrêmement agréable sous les doigts, voire ça tranche un peu (d'ailleurs là j'ai le tétanos de l'index gauche en bonne voie).

Bref on s'est bien éclatés, même si on a été totalement humilié à la fin de l'après-midi, où on a retrouvé les guides de Slopony parmi lesquels il y avait un Vietnamien qui a dû être singe dans une vie antérieure. Nous on montait en pestant et soufflant, lui il grimpait en tong pour ouvrir la voie (en tong, je vous jure que c'est vrai, il grimpait EN TONGS!). A la fin, on a eu une corde qui s'est retrouvée coincée sur un accroc dans la roche, il a viré ses chaussures, commencé à monter par la droite où il n'y avait pas de voie mais de la falaise en inversé, arrivé à un passage difficile il s'est juste ramassé sur lui-même pour sauter plus haut et attraper la prise qu'il voulait, il a dégagé la corde et il est redescendu comme à la promenade pendant qu'on se décrochait la mâchoire comme le loup de Tex Avery. Je retire tout ce que j'ai pu dire sur les hommes vietnamiens poupins et un peu mou du genou.


Encore une photo de notre plage au moment où le soleil commençait à tomber.



Après tout ça on s'est retrouvés assis à l'avant du bateau, les pieds au-dessus de l'eau, avec une bière bien fraîche à la main, et retour au port avec fond de soleil couchant sur les montagnes de la baie. Je crois que vous avez commencé à comprendre le principe: personne la plus veinarde de tout l'univers, tout ça...




Manon, Jonathan et Dan ramènent leurs kayaks, on remercie Manu qui a pris cette super photo. 


Xavier est tellement content qu'il commence à faire comme les Vietnamiens sur les photos pour manifester sa joie et sa bonne humeur à la fin de la journée. 

Du coup avec Manu on décide d'en faire autant et on a l'air aussi niais. Faut vraiment qu'on arrête, on commence à prendre de très mauvaises habitudes ici...

Voilà. Ca se passe de commentaire.



A l'atterrissage chez Slopony on a bu une bière avec le gérant, un New-Yorkais super sympa qui nous a expliqué comment il était arrivé là, et qui, tenez-vous bien, a l'intention de s'intéresser à la pétanque pour rendre ça plus fun et plus jeune dans les 5 ans à venir (franchement je suis curieuse de voir ça, c'est le genre de type qui est bien capable d'y arriver). On a dîné en ville et fini la soirée à boire des bières dans le jardin, perchés sur la balancelle qui est une invention formidable. Inutile de vous préciser qu'on a dormi du sommeil du juste qui a fait plus de sport en une journée que sur les 6 derniers mois.

Le mardi, dernier jour, on est partis en direction de la "Butterfly Valley", un endroit assez paradisiaque dans son genre, vallées verdoyantes de verdure, petit chemin qui monte et qui descend, village complètement paumé, et point de départ pour la grimpe depuis des arbres pleins de hamacs (c'est surtout au retour que tu es content de les retrouver). Là encore c'est Slopony qui tient le bidule, ces gens sont formidables. Xavier avait choisi ce site parce que les parois sont à l'ombre après 10 ou 11h, ce qui nous arrange bien vu que monter en plein cagnard ici, ça doit être vraiment difficile. J'ai renoncé assez vite à trop grimper parce qu'on n'avait pas beaucoup de temps et que je ne voulais pas monopoliser le matos pour ceux qui s'en servent mieux, en plus il faut être réaliste, le départ de la voie était trop difficile pour moi, et surtout ma blessure de parasol me faisait mal quand je tirais sur mes bras (je vous jure on est pas aidé). On a surtout laissé faire Xavier, qui lui s'amusait comme un petit foufou là-dedans.


C'est un petit verdoyant, dans ce coin-là, comme vous pourrez le constater. 

J'aime bien cette photo parce que l'angle est assez spécial, avec les arbres on a l'impression d'être au pied d'une colline, mais regardez bien Xavier et vous verrez dans quel sens c'est pris ^^


Après retour pour tout régler avant le départ et c'est un peu parti en décrépitude comme d'habitude, trois plombes pour faire les comptes de l'hôtel et recalculer trente fois avec le type pour être sûr que ça tombe juste, rapatriement des scooters, embarquement dans un premier bus qui nous a emmené à l'autre bout de l'île à l'embarcadère, attente va savoir pourquoi au milieu de la foule, embarquement quasi forcé pour se frayer un passage sur le soi-disant "speed boat", traversée pas du tout speed où on n'arrêtait pas de se faire doubler par d'autres bateaux qui allaient beaucoup plus vite que nous, arrivée à l'embarcadère de Dinh Vu au lieu de Hai Phong, premier bus trajet debout qui te ramène dans le centre de Hai Phong en traversant que des zones industrielles super glauques, après quoi le chauffeur largue tout le monde quelque part après avoir acheté des tickets à tous pour un second bus, lequel arrive déjà plein à craquer (et encore coup de bol nous on a pas voyagé calés sur des micro-tabourets en plastique dans l'allée centrale), arrivée à Hanoi avec 1h30 de retard sur ce qu'on nous avait annoncé, et là on a encore trouvé le moyen de s'embrouiller avec le chauffeur de taxi qui se foutait vraiment de nous avec son compteur trafiqué, donc on a fini à pied. Au total on a progressé par rapport à l'aller, on a mis que 6h à rentrer chez nous (au lieu de 4h normalement, je le rappelle). Peut-être si on y retourne beaucoup on finira par y arriver...


Enfin voilà. C'était juste fantastique comme destination, et j'ai bien l'intention d'y retourner après la fin du stage, au moins pour quelques jours. Pour avoir fait les deux, franchement, ça ne vaut pas le coup d'aller se fourrer sur les bateaux de croisière à Ha Long même, si on a le temps d'aller à Cat Ba. C'est vraiment un endroit paradisiaque, et maintenant je regrette un peu d'avoir emmené mon père à Ha Long plutôt que là, même si c'était pratique parce que tout organisé. C'est le genre d'endroit que tu ne veux plus quitter quand tu y es. Si j'avais les compétences sportives qu'il faut, je me ferai engager comme guide chez Slopony et je ne repartirai plus de cette île pendant quelques années.  

Au final, il y a des jours où le Vietnam m'énerve un peu, parce que c'est pas toujours facile au quotidien. Et il y a des jours où quand je pense au retour à Paris, j'ai juste envie de m'assoir par terre et de me mettre à pleurer...