dimanche 22 janvier 2012

Le marché au fleur de nuit à Tay Ho

(Je viens de m'apercevoir que j'ai fait une grosse faute d'orthographe dans le titre et j'arrive pas à le corriger. A force de parler anglo-vietnamo-français, je ne sais plus écrire, comme si ça ne suffisait pas que je ne sache plus manger proprement et que je conduise comme un pied).

Comme promis, voilà les photos du marché aux fleurs. C'était assez surréaliste : on y est allé vers 2h du matin. Sachant que les Vietnamiens sont plutôt des couches-tôt, les rues étaient complètement vides. En revanche, arrivées au marché, il y avait un monde fou.

Comme on est très proche du Têt, le nouvel an vietnamien, tout le monde va acheter des fleurs, entre autres. C'est la fête la plus importante de l'année ici, je vous copie un petit texte pour vous expliquer ça :

La fête du Têt est le grand moment de l'année vietnamienne, le seul, selon la tradition, où les âmes des morts reviennent sur terre. Pas question de rater pareil rendez-vous avec les esprits des ancêtres. Les vivants doivent impérativement être présents pour les recevoir dignement, debout devant l'autel des ancêtres, l'air grave si possible. Dans chaque maison vietnamienne (ou appartement), dans chaque village, l'autel des ancêtres constitue le centre de gravité spirituel de la famille, du clan, de la lignée. Il consiste en un meuble plus ou moins important, où sont exposées à longueur d'année quelques photos des parents défunts (parfois jusqu'aux arrière-arrière-grands-parents), des bâtonnets d'encens, des coupelles contenant des fruits et des objets chers aux défunts. Plus la famille est aisée, plus l'autel est imposant.
Bien que vivant hors du temps, les ancêtres sont ponctuels : l'heure c'est l'heure. À minuit pile, dans la nuit du 22 au 23 janvier 2012, leurs âmes arriveront sur terre. Leurs descendants doivent préparer au mieux leur accueil. Les maisons doivent être soigneusement rangées, les pièces balayées, les meubles dépoussiérés. Des longs papiers rouges avec des caractères noirs sont souvent accrochés à l'extérieur pour égayer le décor. Rien n'est trop beau pour recevoir les âmes des ancêtres. Pendant longtemps, les Vietnamiens faisaient exploser en rafale des pétards pour chasser les mauvais esprits. Cette pratique n'a pas tout à fait disparu, bien qu'elle soit officiellement interdite par le gouvernement vietnamien en raison des nombreux accidents mortels survenus dans le passé.
À défaut de pétards, il reste les fleurs. Avant et pendant le Têt, les marchés débordent de fleurs. Les plus achetées sont au Sud les branches d'abricotier (canh maï) aux fleurs jaunes, et au Nord les branches de pêcher (canh dào) aux fleurs roses. Les familles se réunissent à la maison. Les parents, les proches et les amis se rendent visite. Les femmes confectionnent le banh chung, un délicieux gâteau de riz gluant, garni d'une farce composée de viande de porc, de haricots écrasés, le tout arrosé d'une sauce de soja ou de nuoc mam, la sauce nationale à base de saumure de poisson. 

Donc voilà pourquoi il y avait tant de monde au marché. Une profusion de fleurs qui s'étendait à perte de vue, une foule énorme pressée et serrée, des scooters supportant des kilos et des kilos de bouquets essayant de se faufiler dans des mini-allées déjà blindées, des gens qui transportaient des gerbes énormes, le sol mou couvert de feuilles piétinées, des odeurs merveilleuses partout... On se serait cru dans une fourmilière en folie. Van, la collègue de Manon qui nous a emmenées, n'arrêtait pas de nous surveiller pour qu'on reste bien groupé, sans quoi on ne réussirait probablement jamais à se retrouver. Et accessoirement pas un seul Occidental, on était vraiment les seules avec Emmanuelle et Manon au milieu de tout ce foutoir.

On y a passé un bon moment, on a dû rentrer à 4h du matin après avoir traversé toute la ville déserte avec un arbre à pêche et des bouquet accrochés sur nos scooters, à la vietnamienne ^^.
Allez, les images (me suis acheté un nouvel appareil photo qui tue, je sais pas encore pas très bien m'en servir mais je suis contente quand même). Mon seul regret est que je n'ai jamais réussi à prendre une photo "d'ensemble" tellement c'était pressé et serré, mais c'était génial quand même...

Bon nous le premier truc qu'on a fait en arrivant, c'est manger des saucisses sur bâtonnets parce qu'on perd pas le nord quand même. Le dîner était loin, d'abord. 


Les roses sont toutes emballées dans des petits papiers pour ne pas s'ouvrir avant l'heure!



Celle-là est hélas un peu floue mais c'est pour vous donner une idée: ce ne sont pas des fleurs à côté d'un scooter, elles sont accrochées au scooter. 

Ca, c'est un petit chargement. J'en aurai bien pris un plus gros en photo, mais pas assez de recul dans les allées pour ça.








samedi 14 janvier 2012

Marché au tissu et ethnographie.

Chers petits amis, 

Je n'ai pas eu beaucoup de temps la semaine dernière pour vous raconter ma vie, parce qu'ici on prépare le Tête et ça rigole pas. Le Têt, c'est le nouvel an basé sur le calendrier lunaire, et c'est la fête la plus importante de l'année. Pendant 8 jours, tout le Vietnam se met à tourner au ralenti, adieu magasins, musées, boutiques, petits commerces, restaurant, etc, parce que tout le monde le célèbre en famille. On sent déjà la circulation qu'il y a plus de monde, de petits arbres type cerisiers roses poussent sur les scooters puisque c'est la fleur traditionnelle du Têt, bref, ça rigole pas! 

Du coup on passe notre temps au restaurant avec mon entreprise (je vais reprendre tous les kilos perdus sans aucun problème à ce rythme), à célébrer la fin de l'année passée, à faire le bilan, et à se congratuler de l'année du dragon qui arrive. Du coup maintenant je sais dire "bonne année" en vietnamien : 

"Chúc Mừng Nǎm Mới!"

(ça se prononce quelque chose comme "tchoup mouhoung nammmoueuille", et avec l'accent je vous prie. Quand je vous dis qu'on va jamais y arriver en vietnamien....)
J'essaierai de vous mettre des photos sympas des préparatifs que je croise dans la rue, un peu plus tard.
Avec tous mes collègues pour le deuxième repas collectif de nouvelle année. Vous ça ne vous intéresse pas des masses, mais moi ça me fera des souvenirs parce que je compte transformer mon blog en album de voyage quand je rentrerai. :) 


En attendant, j'ai fait quoi depuis la dernière fois qu'on s'est parlés? Enfin que moi je parle pour raconter ma vie et que vous lisez en ricanant... 

Le week-end dernier, on est allé au marché du tissu avec Manon et Manu. Manon est modéliste, elle travaille actuellement chez Nem, une marque de fringue très répandue au Vietnam. Du coup elle connaissait bien le marché en question et elle nous y a traîné. 
C'est comme toujours aussi : une accumulation sans nom. Il y a des piles et des piles de tissu qui montent jusqu'au plafond de mini-échoppes, ça s'entasse dans tous les sens, le tout dans un dédale où les "allées" sont parfois tellement étroites qu'on ne peut même pas s'y croiser à deux de front. 
Quant aux tissus eux-mêmes... Certains sont très beaux. De la soie, de la mousseline, du cachemire, des lainages, bref de très jolies choses. Après... Hum... Il y a des tissus très cocasses, des motifs hyper kitch, des couleurs à hurler, et surtout DE LA PAILLETTE EN VEUX-TU EN VOILA. De toute façon, tout ce qui est sobre n'est pas du tout du goût vietnamien, plus il y en a, plus ils sont contents (de la fourrure, du panthère, de la paillette, des fleurs et 28 couleurs en même temps, oui oui c'est possible.)

Ca, c'est une allée extra-large: on peut s'y croiser à deux de front. Les plus petites ont de quoi rendre claustrophobe.

Bon elle est un peu floue mais je vous l'ai mise quand même en témoignage du bon goût de ce qu'on peut trouver dans ce marché: de la moumoute en bas, et de la paillette partout en haut. C'est exquis, vous n'imaginez pas ^^

Bref après cette séance chiffon, le lendemain on s'est fait un plan musée avec Olivia. On s'est mise d'accord sur celui d'ethnographie, et en voiture Simone. C'est un beau bâtiment tout neuf, qui a été inauguré il y a quelques années en grande pompe par Jacques Chirac et le président du Vietnam. J'imagine qu'il devait y avoir quelque histoire de coopération culturelle là-dessous, l'avantage c'est que tout est écrit en français dans le musée.

Mais qu'est-ce qu'il y a dans ce musée, donc ? Ca parle des différentes ethnies qu'on trouve au Vietnam, et il y en a beaucoup beaucoup! Chacune a son mode de vie, ses traditions, ses cérémonies religieuses, son costume traditionnel, et tout ça n'est pas juste pour la gallerie : la plupart des ethnies présentées ont toujours le mode de vie qui est présenté au musée, même si ça a tendance à se moderniser un peu évidemment.

Le musée comporte une partie intérieure où sont présentés un tas d'objets usuels, d'artisanat, des costumes traditionnels, des maquettes d'habitations... A l'extérieur un parc où ils ont construit grandeur nature des maisons dans le style des différentes ethnies. Assez parlé, quelques photos :


Ci-dessus, le vélo et sa cargaison avec lequel un célèbre marchand passait dans les villages. Il a légué sa fière monture et le chargement de nasses de pêches tel que au musée. Si si, il conduisait son vélo avec tout ça dessus. 

Certaines tenus traditionnelles sont très sobres, et ça donne un côté assez élégant quand c'est porté. 

D'autres, en revanche, sont nettement plus colorées. Et encore, la photo du costume de l'ethnie dite des "Hmongs fleurs" est ratée, vous verriez un peu ce que ça donne... 

Bon cette photo n'est pas extraordinaire en soi mais c'est une spéciale dédicace à mes promoteurs de Paris qui m'ont envoyé au Vietnam: c'est du tissu BATIK ! 



Une tenue de mariage traditionnelle : sobre, voire un peu austère...  (rho je suis mesquine dis donc)



Il y avait plusieurs maquettes de huttes et autres maisons traditionnelles des diverses ethnies. Celle-ci nous a beaucoup intriguées avec Olivia par sa forme élancée. Ce qu'on ne savait pas... 

... C'est qu'il y avait la même en vrai dehors dans le parc du musée. Pour vous faire une idée de grandeur, regardez les gens en-dessous. Je ne sais pas si on visualise bien sur cette photo, mais ça doit pas faire loin de 15m de hauteur si ce n'est plus. 
Maisons modulable : les panneaux de bois qui donnent sur l'extérieur s'ouvrent la journée, et en cas de banquet on les démonte carrément pour en faire des tables pour tout le village. 



Vers la fin de la visite, Olivia teste les paillasses de la tribu Êdê. Pas si inconfortable, tout compte fait... 

Ha oui celle-là c'est pour le délire: ici on tague pas les murs, mais les bambous. "Kevin love Brenda", tout ça, mais version asiatique. C'est cocasse.


vendredi 13 janvier 2012

La pluie, c'est sexy.

Juste en passant, j'ai pas trop le temps de pondre des articles en ce moment, promis je me rattrape ce week-end. Néanmoins, je ne pouvais pas ne pas vous faire partager un grand moment d'élégance vietnamienne...
Comme la grosse pluie va arriver, notre gentille voisine nous a acheté des capes de pluie de qualité, soit des espèces d'énormes ponchos (enfin énormes... le XL fait ma taille), avec capuche et visière, certaines étant même équipé d'un carré transparent devant pour le phare de la mobylette. Avec le manteau en dessous, le masque anti-pollution et le casque par-dessus la capuche à visière, c'est d'une élégance folle. Jugez plutôt :

J'espère que vous aurez noté l'effet de halo rouge quasi mystique qui m'entoure grâce à ma lampe de bordel tonkinois. Je suis une bibendum sacré. 
Bientôt je vous parle du musée ethnographique, du marché au tissu, de nos séances d'épluchage de patate à la lampe frontale (l'électricité est un peu farceuse en ce moment à cause des travaux sur le lac) et des bouffes fabuleuses qu'on arrête pas de faire pour le nouvel an. A bientôt les chouchous!

jeudi 5 janvier 2012

Je t'en collerai, moi, du subtropical humide!

Alors juste comme ça pour le plaisir de récriminer, on se les pèle. Mais bien, hein. Remarque ça pourra toujours servir comme article si jamais de futurs voyageurs tombent sur ce blog et cherchent à savoir quel temps il fait en janvier à Hanoï... Et ben c'est pas beau à voir, je vous le dis!

Depuis le 2, nous sommes brusquement entrés dans l'hiver. La preuve qu'il fait vraiment froid: mes collègues ont arrêté de faire des courants d'air partout, les fenêtres sont fermées et il y a même des petits radiateurs en route (les dits radiateurs ne chauffent d'ailleurs rien, apparemment le concept du radiateur au Vietnam c'est de ne rien chauffer, ils sont là pour l'effet psychologique).

Techniquement, il ne fait pas si froid que ça : hier, on est descendu à 7°. Le problème, ce n'est pas la température qui a chuté brutalement, c'est le degré d'hygrométrie très élevé en permanence. Par exemple, ce matin, on est à 94% d'humidité et il pleut régulièrement. En gros ça veut dire que tout, tout le temps, est froid et humide. Les lits sont froids et humides, les serviettes de bain sont froides et humides,  toute la maison est froide et humide, les lessives ne sèchent plus du tout depuis 3 jours et sentent le chien mouillé, bref c'est que du bonheur. Hier soir on a passé une heure avec mes colocs à baver d'envie en parlant de bouillottes, de chaussettes de ski en laine qui gratte, de bottes en plastiques fourrées. Le glamour est parmi nous...


Pour mesurer l'hygrométrie, prenez les cheveux de Clémence, lavez-les, séchez-les le soir en les lissant bien, brossez-les le matin avant de partir,  regardez ce que ça donne vers midi et ricanez!  (je crois que je vais arrêter de me coiffer, ça sert à rien en fait...)



Disons que le plus pénible, c'est qu'on n'est jamais au chaud : il n'y a de radiateurs quasiment nul part. Donc le matin tu te lèves, tu grelottes pour t'habiller devant ton mini-radiateur qui chauffe lui-même et pas grand chose d'autre (se maquiller en manteau le matin, c'est un concept). Tu arrives au bureau, il fait pas une chaleur de bête, j'ai deux pulls superposés et je bois du thé toute la journée pour me tenir à peu près à température. A midi tu vas manger au resto du coin, tu n'enlèves pas ton manteau parce que toutes les portes sont ouvertes, sinon c'est pas accueillant pour le client qui passe devant, donc il fait bien frais. Le soir, tu rentres chez toi, il fait toujours aussi froid dans la baraque, il y a peut-être une différence d'un ou deux degrés de plus à l'intérieur parce qu'il n'y a pas de courant d'air. Le soir tu te couches en t'emmitouflant dans ta couette, et ça fait de la buée quand tu souffles. J'ai tout le temps le nez froid et j'ai horreur de ça.

On a, paraît-il, trois semaines à tenir comme ça, après les fêtes du Têt ça s'arrange. Déjà ce matin la température est un tout petit peu remontée et on aura du 18-20 bientôt. Pour me faire du mal, j'ai regardé la météo du Vietnam complet. A Ho Chi Min City, alias Saigon au sud du pays, ils ont 32° et un soleil de folie. Je crois que je vais m'assoir par terre et me mettre à pleurer. Ou plutôt je vais aller me faire un petit thé chaud, tiens...



PS : le côté positif, c'est que ça fait de la brume et des photos intéressantes parfois. Bientôt je vous mets la pagode de Tran Quoc sous les nuages.

mercredi 4 janvier 2012

Une pagode dans la brume

Voyons le côté positif des choses de notre météo actuelle: ça fait des paysages brumeux assez intéressants. Lundi 2 Janvier, nous étions en congés et nous sommes allés voir la pagode Tran Quoc, située au nord de la ville sur le grand lac de Tay Ho.

Cette pagode est la plus ancienne d'Hanoï, elle a été construite au VIème siècle sur la digue de Yen Phu; à cause de glissements de terrain, elle sera reconstruite dans l'île du Poisson d'Or, sur le lac de l'Ouest, en 1600, et rebaptisée "Trân Quôc", soit "Défense de la Patrie".

Une de ses particularités est qu'elle est située sur l'eau, sur une petite île à laquelle on accède par un pont : bien que le quartier soit très fréquenté, on y trouve du coup un calme peu commun dans Hanoï. Les visiteurs observent tous un silence religieux, ce qui contribue à en faire un havre de paix et de calme.  Elle fait l'objet d'une immense vénération au Vietnam, et il y a toujours des gens en train de prier dedans. En s'y rendant, on se sent vraiment apaisé.

La pagode possède une tour de couleur rouge, avec 11 étages auxquels se trouvent des statues de Bouddha, toujours blanches ; les étages représentent les différentes étapes de la vie du Bouddha et chaque statue est unique, c'est superbe et vraiment impressionnant.

Allez on cesse le blabla, quelques photos :
















lundi 2 janvier 2012

Happy New Year Hanoï, et le reste du monde aussi!

Chers petits amis,

j'espère que vous avez passé une folle soirée de réveillon pour la nouvelle année. A l'heure où je commence cet article, vous devez être encore en train de dormir voire peut-être pas tout à fait couchés, tas de chenapans. Ici nous avons fait une sacrée foire, et j'ai envie de vous raconter ma soirée pour la partager un peu avec vous puisque nous n'avons pas eu la chance de la vivre ensemble.

On a commencé tranquillement mais avec un impondérable. Il faut savoir que c'était l'anniversaire de Marion, et que nous avions prévu de nous retrouver tous chez elles vers 18h pour lui offrir son cadeau. Il faut savoir aussi que nous nous sommes très rapidement adaptés au mode vietnamien d'organisation, le fameux "rien comme prévu".
Avec Joachim, on était partis à l'ambassade pour s'inscrire sur le registre électoral, histoire de pouvoir voter pour les présidentielles un peu quand même. En revenant, on devait foncer chez Marion. Sauf qu'on a crevé un pneu en route. D'où allure d'escargot jusqu'à ce qu'on trouve le garage qui pouvait nous réparer ça, ça a pris une petite demi-heure, et on a enfin pu repartir. Evidemment nous sommes donc arrivés en retard. Comme à peu près 90% de l'assistance (on s'est très très bien adapté au fonctionnement vietnamien).

On a offert à Marion son cadeau, soit un aquarium avec 4 beaux poissons dedans, parce qu'elle a dû laisser son poisson chéri à Paris et que ça lui manquait un peu, elle était ravie. Suivi d'un restaurant, jusqu'à 22h, dans un endroit sympa qu'on avait déjà repéré. On a décidé d'aller jusqu'au lac à pied, d'autres sont repartis avec leur scooter, et évidemment on s'est tous plus ou moins perdus en cours de route quand on a commencé à faire le tour du lac.

Il faut savoir qu'il y a plusieurs lacs dans Hanoï, celui où nous étions est Hoan Kiem, le lac de l'Epee restituée. D’après une légende du XVè siècle, un pauvre pêcheur s’était vu confier, par la tortue sacrée du lac, une épée magique pour défendre le royaume contre les envahisseurs Ming. Il souleva alors le peuple vietnamien, remportant de nombreuses victoires et pendant une dizaine d’années, l’épée fut d’une efficacité exemplaire puisqu’elle sut contenir les Chinois. Cependant, un jour que le souverain se promenait sur les bords du lac, savourant les succès militaires, l’épée quitta son fourreau, et au moment de tomber à l’eau, fut interceptée par la tortue qui l’entraîna au fond...

Le lac de nuit avec la pagode illuminée, et en fond les innombrables restaurants bars cafés qui brillent. Les lumières qui brillent tout autour de l'eau, ici en bleu, changent de couleur et se reflètent sous les arbres, c'est vraiment superbe. 

C'était plaisant de s'y promener, surtout parce qu'on a fait 243 fois le tour dudit lac en scooter quand on devait se rendre dans le vieux quartier, mais toujours en mode "chuis perdu", "au lac, on prend la 3ème à droite", "ha bah non c'était pas là", "merde ça y est chuis en retard", "et en plus chuis encore plus perdu", et on n'avait jamais pris le temps d'y flâner, tout simplement. De plus, ce week-end, il y avait la fête des fleurs, et du coup le long du lac il y avait toutes sortes d'installations et de décorations fleuries. Quelques photos pour vous donner une idée :

Des animaux tout en fleurs, avec des petits jardins autour.

C'était un dragon tout en nasse en bambou de pêcheurs, avec mon appareil foireux j'ai pas réussi à l'avoir en entier sans flou mais c'était très joli ^^

Des vélos tout fleuris, avec une belle affiche de propagande militaire en arrière-plan!


Au nord du lac, il y avait installé une énorme scène avec des tas de projecteurs, de la musique poum poum et on s'est rapproché de là-bas car minuit arrivait doucement. Ca flashait de partout avec les lumières, il y avait un DJ américain qui balançait du gros son, des tas de marchands de fruits et de brochettes, des familles, bonne ambiance.

Et là, c'est parti complètement en cacahuète.

On était un peu les seuls occidentaux perdus au milieu d'une énorme foule de Vietnamiens. Juste devant la scène ça avait l'air de bouger, mais pas en arrière où on était, et on n'a pas voulu s'avancer trop au risque de se perdre définitivement.

On a attendu le décompte, et à minuit on s'est évidement tous mis à hurler "Bonne annééééééééééée!" en se prenant dans les bras et en se faisant des tas de bisous, sous l'oeil rond des Vietnamiens qui nous regardaient avec l'air de se demander ce qui nous prenait. (Ils ne fêtent pas tellement le nouvel an, puisque pour eux le début de l'année correspond à la fête du Têt dans un mois environ.)

Après quoi on a commencé à danser sur place, parce que ça nous faisait rire et que bon c'était la nouvelle année, quoi! Au début les gens nous regardaient avec des yeux comme des soucoupes, après ils ont commencé à rire, puis à prendre des photos et à filmer avec les téléphones (demain on est en milliers d'exemplaires sur youtube). A un moment un Vietnamien s'est lancé aussi, c'est parti en dance battle avec Joachim et heureusement j'ai pu filmer ce moment épique!

ATTENTION vous avez intérêt à baisser le son voire à le couper, car le micro de mon appareil photo qui n'est pas du tout fait pour filmer a totalement saturé et le fond sonore de la vidéo est juste atroce... 




Quand Marion s'y est mise aussi, vu qu'elle est très grande et très blonde, là ils sont devenus hystériques. On a semé un bazar, mes enfants, mais quelque chose de bien! Du coup il y en a plein qui se sont mis à danser aussi, ça hurlait de rire, ça filmait, ça tapait dans ses mains, bref, un de ces souks! Ca s'est terminé en grosse crise de rire, avec tout le monde qui criait "Happy New Yeaaaaaaaaaar!"en agitant les bras. On est partis, parce que le cercle de "spectateurs" se resserrait un peu trop, on a vu le moment où ça allait finir en émeute si on ne calmait pas le jeu... Mais en tous cas on a sacrément rigolé!

Après évidemment, il a fallu une demi-heure pour retrouver une partie des gens, après moults allers-retours ("ok on vous rejoint là", "nan mais vous êtes où du coup?", "attends y a  machin qui arrive", "hein mais on vient de là, z'êtes repartis"?) (de vrais champions de l'organisation, je vous le dis). Une fois le troupeau rassemblé, on est rentré dans une boîte de nuit particulièrement étroite et enfumée, mais comme on avait rien vraiment prévu c'était assez providentiel car la vie nocturne n'est pas hyper développée, les Vietnamiens étant plutôt des couches-tôt. A nouveau il n'y avait pas beaucoup d'agitation, on est rentré à 15 là-dedans, on remplissait la moitié de l'espace, et on a mis le souk une fois de plus. J'ai l'impression que les Vietnamiens ne sont pas très branchés danse, ils boivent des verres en se dandinant un peu mais sans plus ; cependant une fois qu'ils voient les abrutis d'européens qui s'agitent dans tous les sens, ça les inspire visiblement et ils s'y mettent aussi.

On est resté près de deux heures là-dedans, ce qui fut une expérience... comment dire... cocasse! :D
Déjà, au niveau du son, c'était assez pittoresque. Le DJ faisait des trucs assez bizarre, ça changeait de rythme tout le temps. On y a pourtant mis du nôtre, hein. On s'est déchaîné, on s'est agité, on s'est déhanché, mais quand on est arrivé au remix techno de la lambada, là on s'est payé une crise de fou rire et on a décidé que c'était plus possible.

Par ailleurs, nous avons pu expérimenter aussi les techniques de drague vietnamienne. Hé ben ils sont pas fins fins, hein! Il y a donc celui qui te saute dessus en criant "You are very beautiful, really really!" et qui repart en courant cacher son coup d'audace dans le fond de son verre parmi ses copains hilares. Il y a aussi celui qui vient se coller à toi avec un sourire abruti, mais pas coller à toi genre "ho oui dansons ensemble" juste tu es assise en train de boire ton verre et "POUM JE ME COLLE A TOI SUR LE COTE HAHA QUEL CONTACT". Un peu comme quand un bouvier bernois vient s'assoir sur tes pieds et te regarde avec l'air réjoui "copain copain tu me grattes les oreilles hein dis dis dis". J'avais limite envie de brailler "au panier Brutus!"(oui je suis pas très gentille mais c'était très drôle).

Donc, sur les entrefaites de la lambada techno, on décide de partir et d'aller se poser dans un bar reggae que les autres avaient déjà testé. On arrive devant, drame, c'était fermé. On discute deux minutes, en fait pas drame, c'était ouvert, mais tous volets fermés, musique en sourdine, entrée sur le côté, ils nous ont fait rentrer au compte-goutte et monter l'escalier dans le noir, parce que techniquement ils avaient pas trop le droit d'être ouverts à une heure pareille. Voilà-t-y pas que nous nous encanaillons!

Le bar était très sympa mais ça n'a pas duré longtemps. A peine étions-nous installés depuis une petite demi-heure que la police a débarqué pour fermer le bar. Ca arrive tout le temps, parait-il, même si je n'avais pas encore vécu l'expérience. Il paraît que ça leur arrive de passer trois ou quatre fois dans le même bar, qui attend juste un quart d'heure qu'ils aient le dos tourné pour rouvrir en douce. Du coup on s'est fait mettre dehors, mais tranquille hein, mode "bon ben je finis mon verre et on y va". Finalement on est rentrés à la maison vers 5h du mat bien tapé, bien fatigués mais bien contents de notre soirée!

On a enchaîné avec une journée du 1er janvier d'une mollesse confondante: petit déjeuner pantagruélique (ô joie, nous avons trouvé une boulangerie toute proche qui fait du bon pain)(et en plus on a du Nutella), après-midi aux bains avec sauna, barbotage dans un tonneau d'eau chaude aux algues et aux herbes, massage énergisant puis aux pierres chaudes (on s'est ruiné de 6euros pour la formule complète, je sens qu'on y retournera).

Sur le chemin des bains: " Bon ben on est encore perdus...", "Attends je regarde la carte!", "Nan mais c'est pas grave, on commence à avoir l'habitude... "

On a terminé par une soirée de folle agitation, après s'être enfilé un gros burger bien décadent, on a tous atterri dans le lit de Manon avec une montagne de couettes, d'oreillers et de colocataires vautrés à regarder les Tontons flingueurs en mangeant des cochonneries. C'était formidable! Si l'année se poursuit aussi bien qu'elle a commencé, ça va être que du bonheur...

J'espère que vous avez tous passé un aussi bon réveillon, avec quelques heures de décalage, et je vous souhaite à tous une excellente année 2012!